SUCCES POUR ERIC BESSON ET SON COLLOQUE
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 09-01-2010
Mise à jour: 09-01-2010
Par Roger Fajnzylberg,
Le colloque Nouveau monde, nouveau capitalisme qui avait à son ordre du jour Régulation, Gouvernance, Progrès vient de s?achever. un peu plus, avec la neige immaculée, on se serait cru au Colloque de Davos. Introduite par le Président de la République et conclue par le Premier Ministre,François Fillon, cette rencontre a réuni, à l'invitation de Eric Besson, des gouvernants, des universitaires et de jeunes chercheurs du monde entier et des étudiants de quatre prestigieuses universités de Pekin, de Columbia, de la London School of Economics et de Sciences Po', venus débattre à Paris des transformations du capitalisme et de la manière dont la crise transforme aujourd?hui notre vision du monde et transforme le monde lui-même.
Nous avons pu entendre plusieurs économistes (dont les prix Nobel Amartya Sen et Joseph Stiglitz) et des ministres étrangers et français, qui ont pris la parole pour évoquer la manière dont la crise changeait notre vision du monde. Ils ont pu affirmer qu?il était important de saisir la crise comme une occasion : celle de ne plus répéter les mêmes erreurs ; celle, encore et surtout, de progresser réellement, efficacement, dans la création d?institutions de régulation internationale qui soient légitimes et représentatives, et qui soient efficaces.
Notre situation aujourd?hui est bien sûr paradoxale, puisque nos économies sont toutes interdépendantes mais que nos institutions politiques ne le sont pas. Ce paradoxe a été mis en lumière et mis en défaut par la crise. De sorte que le monde ne sortira véritablement de la crise que lorsqu?il sera doté d?institutions communes. Faute de cette initiative réellement « cosmopolitique », qui prendra du temps, nous ne progresserons plus.
Ce matin, Michel Rocard, ancien Premier Ministre français à brillament montré quelles pouvaient être les pistes de progrès. L'économiste Jean-Paul Fitoussi, qui a été la cheville ouvrière de la préparation de cette manifestation qui est devenu un must en la matière, a réuni autour d'Eric Besson, un panel dont on ne peut pas dire qu'il soit marqué , pour la plus part, par des visions conservatrices de l'évolution du Monde. Il était heureux de constater combien, tous les participants ont rendu hommage à l'initiative française. Je me suis amusé à mettre en parallèle les interventions d'ouverture du Premier Ministre socialiste portugais, José Socrates, et du Président de la République Nicolas Sarkoky.
Elles étaient convergentes sur tous les points. Si l'on met en perspective la qualité de ces interventions et le débat politique que concoivent les socialistes français, force est de constater, ce que nous ressentons depuis des années, à savoir que les socialistes français sont à mille années lumières des exigences du débat et de la réflexion politique qu'impose la situation, et qu'à ce rythme la il vaut mieux qu'ils restent dans l'opposition, le temps de se refaire, s'ils le peuvent, une santé. En marge du colloque, j?ai eu l?occasion de discuter longuement de ces questions avec Michel Rocard ou avec Thione Niang, Président des Jeunes Démocrates- Pôle Universités des Etats-Unis.
A 31 ans, remarquable, il est le produit de la capacité américaine à intégrer et à promouvoir. Imaginez, Thione est d'origine sénégalaise. Arrivé aux USA en 2001, avec 20 UDS en poche et parlant peu anglais, il a adhéré à la nation américaine et a été détecté en 2006 par celui qui allait devenir le Président des Etats-Unis. N'y a-t-il pas matière à réflexion pour ceux qui refusent le débat sur l'identité Nationale, chez nous et sur la capacité de la Nation d'intégrer par la réussite, les jeunes de nos banlieues qui pour certains désespèrent.
J'ai pu écouter Joseph Stiglitz, qui m?expliquait combien les États-Unis, quoi que puisse souhaiter le Président Obama, auront du mal à prendre des initiatives institutionnelles. Le Congrès américain, de plus en plus hostile à Obama, n?est guère ouvert à la régulation financière et commerciale, pas plus qu?il n?est majoritairement disposé à prévenir les bulles financières ou les folies spéculatives qui nous ont pourtant conduits là où nous sommes aujourd?hui. Là d?où, selon J. Stiglitz, nous sommes bien loin d?être sortis.
Du coup, expliquait-il à Nathalie Kosciusko-Morizet, l?Europe et les pays émergents sont appelés à prendre cette initiative. La donne internationale change, c?est indéniable. L?Europe doit continuer d?agir. Tous les intervenants, de Celso Amorim, Ministre des relations extérieures de Brésil à Bozidar Delic, Vice-premier Ministre de Serbie ou à Gamal Mubbarak Secrétaire général adjoint du Parti National Démocratique d' Egypte ont félicité le Gouvernement français pour son initiative d?avant garde dans le débat du siècle nouveau, rappelant à la suite du président N.Sarkozy, que le rôle des politiques est d'abord l'action. Mais à Paris, il n'y avait pas seulement la neige, mais aussi le soleil, annonciateur de sortie de crise?
UN ETE TRES POLITIQUE par Gilles Norroy
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 28-08-2009
Mise à jour: 21-09-2009
La politique n?a pas pris de vacances cette année. Le mois de Juillet a été marqué par la poursuite des déchirements internes au P.S. Sans faire le même pronostic, on est frappé par la ressemblance avec l?histoire du Parti Communiste à partir de 1981. Comme Georges Marchais, Martine Aubry ne manque ni de courage, ni de dialectique, mais elle est prisonnière du « merveilleux » appareil que lui a légué François Hollande, et elle ne peut qu?affronter les tenants de l?ouverture tels que Manuel Valls qui est peu son Pierre Juquin. Le PC de l?époque, encore puissant, devait affronter la concurrence d?un P.S reconstruit qui représentait la modernité, ce qui n?est pas sans rappeler la situation actuelle, ou les Verts renvoient le Parti Socialiste à son conservatisme et le ringardisent. Sur le plan international enfin, le PC Français tentait de survivre au milieux des infortunes de ses « partis frères » d?Union Soviétique et de ses satellites, l?ensemble du modèle communiste était menacé. N?est-ce pas en partie ce qui se passe pour le Parti Socialiste, quand la Suède patrie de la social-démocratie efficace n?est plus gouvernée par cette formation, quand le Parti Travailliste de Grande-Bretagne est miné par les scandales, quand en Allemagne le SPD ne tire aucun profit politique de sa cohabitation avec Angela Merkel et ne propose pas de solutions alternatives. Que dire enfin de l?Espagne où le P.S.O.E n?arrive pas reprendre en main la situation économique et n?a d?autres recours que d?attaquer son opposition dans une bataille de boules puantes. Bien sûr on objectera que Martine Aubry a sauvé l?Université de La Rochelle. Ce qui est certain effectivement est que l?été a mieux terminé qu?il a commencé pour le Parti Socialiste et qu?elle a su faire deux bons discours. Pour autant, comme le dit la députée de Paris » Annick Lepetit » : «le problème est que nous ne sommes pas d?accord sur grand-chose : les alliances, l?Europe, l?immigration ». Le répit aura d?ailleurs été de courte durée, la publication d?un livre sur l?organisation des scrutins internes au P.S a suffi à redéterrer la hache de guerre entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Au-delà de la conjoncture politique du moment, face à la crise économique, c?est le modèle même de l?état providence social-démocrate qui est remis en cause dans sa capacité à générer des solutions innovantes et à ne pas être un « arbre sec » pour reprendre la formule de Jack Lang quand il parle de son parti. La social-démocratie portait l?espérance d?une troisième voie entre le capitalisme sauvage et le socialisme administré. Cela n?est plus d?époque, car il n?existe plus ce type d?alternative. Il reste à approfondir la notion de Progressisme qui nous rassemble autour d?Eric Besson, comme une façon nouvelle de concilier l?efficacité politique et le progrès. Pour la majorité présidentielle l?été a été riche en événements : La reprise économique qui semble poindre est sans doute l?événement le plus important. Même s?il est trop tôt pour crier victoire, il ne faut pas bouder notre satisfaction de voir que les orientations prises à la fin de l?année dernière et l?action portée par le Président de la République, commencent à porter leurs fruits. L?élargissement de la majorité présidentielle est aussi un des éléments importants de cet été avec les décisions de participation au comité de liaison prises par Philippe de Villiers et Paul Nihous. On a tenté de créer une polémique sur ce sujet en opposant l?aile gauche de la majorité, dans laquelle se situent bien sûr les Progressistes et l?aile droite qui est celle des nouveaux venus. Le style personnel, la sensibilité de Philippe de Villiers sont sans doute différents des nôtres, mais il n?y a aucune raison non plus de le diaboliser et encore moins comme le dit Eric Besson de penser que le centre de gravité de la majorité présidentielle va se déplacer. On peut même penser qu?il y a plus à craindre des méthodes d?Olivier Besancenot, jugé très fréquentable à gauche, que de celles de Philippe de Villiers qui n?a jamais remis en cause les principes républicains. Après un été aussi riche sur le plan politique, c?est à la majorité présidentielle de faire en sorte que la rentrée soit chaude si cela veut dire organiser une mobilisation pour continuer les réformes, amplifier la reprise économique et préparer les projets des élections régionales. Autant de chantiers sur lesquels les Progressistes ont hâte de jouer leur rôle.
Après le discours du Président de la République à Versailles, rassemblons les Progressistes
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 25-06-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Pour Gramsci la crise est ce qui sépare le neuf de l?ancien. Le Président de la République dans son discours de Versailles, le dit avec d?autres mots : « rien ne sera plus comme avant ». Après avoir évité que la voiture sorte de la route à la fin de l?année dernière, il faut maintenant la redémarrer et surtout définir le parcours que l?on propose aux français. C?est bien le sens de l'allocution de Nicolas SARKOZY. Il revient aux formations politiques de la majorité présidentielle d?organiser le mouvement qui accompagnera les réformes et créera les conditions de leur succès. Nul ne peut affirmer quand nous sortirons de la crise financière dans laquelle est plongée l?ensemble du monde, même si quelques signaux positifs peuvent nous laisser espérer que l?issue pourrait ne pas être trop éloignée. Ce qui est certain par contre, c?est qu?elle a profondément modifié le contexte politique de la plupart des démocraties développées. Ce qui ressort particulièrement, c?est que le clivage droite gauche qui organise notamment la vie politique en Europe n?aura pas résisté à l?épreuve de la tourmente. Quand le Président des Etats-Unis nationalise l?industrie automobile et quand quelques années auparavant Lionel Jospin privatise France Télécom, qui peut penser encore que les frontières qui séparent la droite de la Gauche portent sur le rôle de l?état ? Quand Nicolas Sarkozy organise la régulation financière à l?échelon européen puis la propose à l?échelon mondial au sommet du G20, il suscite l?adhésion de gouvernements classés à droite, comme à gauche. Les dernières élections européennes l?ont montré, dans la plupart des pays le modèle social-démocrate s?est épuisé, car il peine à faire entendre une différence dans les réponses à apporter à la crise et encore plus d?ailleurs à apporter des idées nouvelles quand l?heure est au pragmatisme, à la volonté politique, à l?audace des expérimentations. Quelque part les partis sociaux-démocrates revivent l?histoire des partis communistes après la chute du mur de Berlin : le monde a changé et cela s?est fait sans eux. En France le recul du Parti Socialiste, la stagnation du Parti Communiste et de son allié, le tassement de l?extrême gauche montrent à l?évidence que ce n?est plus à gauche, encore moins dans son impossible rassemblement, que réside l?espoir d?un renouveau politique. Ce qui est particulièrement nouveau c?est la porosité des clivages électoraux. Pour reprendre l?excellente expression de Jean-Louis Bourlanges, de nombreuses personnes qui pourraient trouver leurs repères de Strauss-kahn à Balladur, se sentent aujourd?hui orphelins pour ne pas avoir de réponse politique à leurs aspirations. Ils sont devenus des « sans famille » errant d?un scrutin à l?autre tel le héros du roman à la recherche d?un foyer, allant du Modem aux Ecologistes ou pourquoi pas demain se ralliant à un improbable rénovateur socialiste. Cette mouvance ne se retrouve pas aujourd?hui dans la majorité présidentielle et c?est un des enjeux forts de ce moment politique que d?en comprendre les raisons, d?interpréter aussi les messages que cet électorat adresse en déplaçant ses scrutins. Pourtant ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare : réformisme, modernité, innovation politique, priorité donnée à l?action sociale, à l?environnement. Sans doute les caricatures qui sont faites de la majorité présidentielle peuvent elles empêcher cet électorat de se retrouver à nos côtés : caporalisme, uniformité, manque de transparence. Cela suppose qu?une culture de débat se développe au sein de la majorité présidentielle. Partir de l?idée que la vérité n?est jamais celle d?un camp, s?enrichir des différences, trouver plaisir au débat politique, voilà quelques unes des valeurs qui font agir les Progressistes.
Le Président dans son discours de Versailles a rappelé avec force les valeurs de la République qui doivent rassembler tous les Français. Il a insisté pour que la cohésion sociale, l?égalité des chances soit les priorités des priorités. les-progressistes.fr sont bien placés pour contribuer au mouvement politique qui relaiera les réformes entreprises. Leur histoire personnelle leur facilite le dialogue avec l?ensemble des composantes de la vie politique française qu?elles soient celles de la majorité actuelle, comme celles de l?opposition. Innover, faire preuve d?audace, mais aussi d?écoute et de dialogue, voilà pour les-progressistes.fr l?occasion de mettre en avant leurs valeurs et de rassembler ceux qui les partagent.
Après le scrutin du 7 juin 2009
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 14-06-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Michel Naud,
Le résultat des élections européennes est un succès pour le Président de la République et la majorité présidentielle. Affirmer ceci n?est ni un scoop ni faire preuve d?un triomphalisme débridé pour ceux qui, tels les-progressistes.fr, s?inscrivent dans cette majorité. Les clés de la compréhension du résultat du scrutin faisaient l?objet d?un large consensus de la part des observateurs politiques 1: la majorité devait arriver en tête et dépasser les 25 % pour pouvoir affirmer qu?elle échappait à la « sanction » du mi-mandat. Avec près de 28 % la majorité est fondée à affirmer qu?en dépit de la forte abstention ce résultat représente un signe fort de soutien à l?action du Président de la République, et signe un succès indéniable de Xavier Bertrand à la tête de l?UMP. Les autres grands vainqueurs de ces élections européennes sont bien évidemment les tenants de l?écologie politique et de l?altermondialisme. Les mêmes analystes politiques considéraient encore à la veille du scrutin qu?un résultat situé entre 10 et 12 % représenterait pour la liste Europe Ecologie une performance plus qu?honorable. « Au dessus de 12 %. Daniel Cohn-Bendit en rêve » écrivait Jean-Baptiste Garat dans le Figaro. Autant dire qu?avec plus de 16 % cette performance est un véritable défi pour l?analyse politique.
Par delà tous les commentaires qui recèlent tous une part de vérité (des élections particulières, un mode de scrutin particulier, l?intelligence politique et le charisme de Daniel Cohn-Bendit, l?absence d?alternative politique crédible à gauche, la part d?impondérable que représente la diffusion du film Home, etc.), il ne pourra pas être fait l?économie d?une prise en compte politique du malaise dont ce résultat est un symptôme, malaise quant au présent qui s?enracine dans une inquiétude plus grande encore sur l?avenir.
Qu?on ne se méprenne pas, et le parti socialiste s?en désespère : il n?est point ici question de l?inquiétude réelle, profonde, et malheureusement fondée, relative aux conséquences sociales de la crise économique mondiale qui frappe au c?ur de nos forces vives ; au regard de cette inquiétude ci le résultat est clair, et la contre-performance de la gauche de la gauche en est une autre signature : les électeurs français ont renouvelé le mandat donné au Président de la République pour tenir la barre pendant une tempête qui est loin d?être finie ; tel est, à n?en pas douter, le message des 28 % de suffrages exprimés qui se sont portés sur les listes de la majorité à la moitié d?un mandat que le Président de la République aurait certainement souhaité avec moins de turbulences.Le message explicite porté par celles et ceux qui ont porté leur voix aux listes écologistes, mais aussi à quelques autres, est l?expression d?un pessimisme suivant lequel l?humanité irait « droit dans le mur ». Que le diagnostic réalisé exprime une inquiétude relative aux impacts des activités humaines sur son environnement ou qu?il exprime une méfiance relative au stade actuel de la mondialisation, c?est bien d?une défiance générale plus profonde à l?égard de la « modernité » qu?il témoigne, que celle-ci soit présentée, selon les répertoires, comme « libérale », « capitaliste », « occidentale », « technicienne » ou même « consumériste ». Luc Ferry l?exprimait encore il y a peu devant l?Académie des Sciences : alors que le progressisme des Lumières ?uvrait à « libérer l?humanité de la double tyrannie de la nature et de la superstition. Cet optimisme s?est complètement renversé aujourd?hui en son contraire ». L?imprégnation par le pessimisme décrit par d?aucuns comme « postmoderne » ne se mesure évidemment pas que par cette performance électorale présente. Les accueils réservés en France, et ailleurs, à des films tels que « La Vérité qui dérange » ou « Le Monde selon Monsanto », malgré les approximations voire les contrevérités qu?ils véhiculaient, en étaient d?autres signatures.Ainsi, progressivement, depuis la fin des années 60, l?épicentre de l?opposition, plus ou moins sourde, ou plus ou moins explicite, mais toujours présente à la modernité, la science, la raison, le progrès voire au développement lui-même s?est installé, semble-t-il de façon durable, au sein de ce qui fut la gauche. Cela peut sembler paradoxal puisque, depuis le début de son histoire, ainsi que le rappelait Eric Besson s?opposant aux thèses portées par Ségolène Royal, « la gauche, c?est la croyance que le progrès est un facteur d?émancipation ; la conviction, raisonnée, qu?il faut être du côté des avancées technologiques, du développement, de l?industrie.»2. « Etre de gauche, disait pour sa part en écho Claude Allègre devant les-progressistes.fr le 17 septembre 2007, c?est croire au progrès. Croire au progrès, ce n?est pas croire que celui-ci est inévitable et linéaire. C?est être persuadé que l?homme, par sa capacité d?analyse des situations et le biais de la technique, peut résoudre les problèmes qu?il a lui même engendrés.»3Alors, « défaire le développement » et « en finir avec l?idéologie du progrès » pour « refaire le monde », comme le proposent les amis de José Bové 4? Ou « utiliser le progrès scientifique et technique au service de l?environnement et du développement » en considérant « la mondialisation comme une opportunité » comme l?affirment les-progressistes.fr ? Nos concitoyens ne seront pas dupes de ceux qui colorieront leur discours en vert parce que c?est dans l?air du temps. Il n?y a guère d?autre choix durable que de faire le pari de l?intelligence. Bien sûr, personne de raisonnable ne peut, par exemple, durablement envisager que l?on nourrira neuf milliards d?habitants en généralisant « l?agriculture biologique » 5; personne de raisonnable ne peut non plus durablement envisager de satisfaire les besoins énergétiques croissants de neuf milliards d?habitants, tout en maîtrisant les émissions de gaz à effet de serre et en même temps « sortir du nucléaire »6. Mais il n?empêche que l?écologie pose aussi de vraies questions. Et il ne suffira pas de disqualifier ceux qui les posent en caractérisant le caractère réactionnaire de leurs aspirations ou le totalitarisme du « nouvel ordre écologique » dont ils rêvent.7 Personne ne convaincra jamais l?opinion publique que les militants écologistes, aussi radicaux soient-ils, sont plus dangereux que les menaces qu?à tort ou à raison, mais quelquefois à raison, elle perçoit. Il faut donc retrousser ses manches ; devenir les artisans d?un progrès maîtrisé et partagé ; non seulement montrer que l?écologie politique n?est pas en mesure de fournir les bonnes réponses, mais être en mesure d?en proposer, de les expliquer et de les faire partager ; redonner à nos concitoyens confiance en soi et en l?avenir ; faire preuve de volontarisme et de courage ; démontrer esprit d?entreprendre et pragmatisme ; repousser les frontières de la connaissance ; conquérir des nouveaux territoires scientifiques, techniques, culturels, économiques et commerciaux. Bref, il y a du boulot et décidément, l?écologie est une affaire trop sérieuse pour la confier aux écologistes? à nous d?en apporter la preuve !
Hier les européennes, demain les régionales
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 08-06-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Les élections européennes constituent un indiscutable succès pour la majorité présidentielle. La France est un des rares pays européens, avec l?Allemagne, où la majorité au pouvoir enregistre des résultats en progression. C?est loin d?être le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, ou en Italie notamment. Ce succès peut s?expliquer par différents facteurs : Le premier tient au succès incontestable de la Présidence de l?Union par Nicolas Sarkozy, à sa capacité à faire agir une volonté politique dans une période où la crise financière était à son paroxysme, et où le conflit entre la Russie et la Géorgie menaçait la sécurité européenne. Le deuxième repose sur la composition des listes et la légitimité européenne de l?animateur principal de la campagne, Michel Barnier, sur la notoriété et l?engagement des principaux colistiers Rachida Dati, Jean-Marie Cavada pour ne citer que les plus connus, et sur l?ouverture à l?ensemble des composantes de la Majorité Présidentielle. Le troisième élément tient à la clarté des 30 propositions constituant le projet de la majorité présidentielle. Le quatrième repose sur la manière dont la campagne a été menée sur le terrain avec l?appui des membres du gouvernement, des élus locaux, des militants, au cours d?innombrables réunions en essayant, même si la tâche n?est pas facile, de rapprocher l?Europe des préoccupations quotidiennes des français.
Le niveau élevé de l?abstention demeure un défi politique. La pédagogie de l?Europe reste à inventer. L?adoption du traité de Lisbonne créant des institutions plus lisibles et stables faciliterait aussi la tâche de tous ceux qui se battent pour défendre les institutions européennes face aux critiques démagogiques des populistes de tout bord.
Le résultat des élections européennes modifie le paysage politique. Le Parti Socialiste et le Modem paient fort cher de s?être trompés de campagne et d?avoir tenté de mobiliser un vote sanction anti-Sarkozy qui s?est retourné contre eux. A l?inverse le succès des listes menées par Daniel Cohn-Bendit s?explique par la conjonction du talent de son animateur, de sa légitimité européenne et de la sensibilité croissante aux thèmes de l?écologie. On peut s?interroger sur la durabilité de cette situation politique, et sur la capacité des Verts à transformer l?essai dans les élections à venir, car dans le passé la mouvance écologique a souvent cédé à des comportements internes destructeurs.
Dans tous les cas la Majorité Présidentielle doit s?inspirer de cette campagne réussie pour mener celle des élections régionales. Pour partie l?enjeu est le même : les institutions Régionales ne sont pas forcément plus lisibles que celles de l?Europe. En dehors du Président de Région la visibilité des élus est faible, le champ d?intervention régional n?est pas toujours facile à distinguer de celui des départements ou des collectivités locales. Sauf en Alsace la Majorité Présidentielle part à la reconquête des exécutifs régionaux, elle a donc pour l?essentiel à construire des projets concrets, lisibles, attractifs proposant des alternatives claires aux exécutifs en place.
Une belle campagne va s?engager, les-progressistes.fr y prendront toute leur place.
Une Europe progressiste
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 02-06-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Les Progressistes ont l?Europe chevillée au corps. Elle constitue pour nous tous une constante dans nos engagements. L?Europe transcende les clivages de la Gauche et de la Droite, elle était une commune utopie portée il y a plus de 60 ans par des formations politiques très diverses qui ont surmonté leurs différences pour construire une réalité qui est notre bien commun. Elle ne devrait pas de ce fait être l?objet de querelles politiciennes ou de « vote anti » portant sur des sujets de politique intérieure mais au contraire susciter des débats sur le projet politique qui répondra aux espoirs de plusieurs centaines de millions d?hommes et de femmes. Si nous n?avions qu?une raison de nous féliciter de notre choix d?avoir rejoint la Majorité Présidentielle, nous pourrions la trouver dans la Présidence française de l?Union européenne par Nicolas Sarkozy.
Cette Présidence a été un incontestable succès reconnu par des formations politiques de tout bord dans une situation pourtant extrêmement difficile marquée par le conflit entre la Géorgie et la Russie puis par le déferlement de la crise financière.
Dans ces circonstances Nicolas Sarkozy a apporté la preuve que l?Europe n?était pas une machine contrôlée par des technocrates mais que, dés lors qu?elle était animée par une volonté politique, elle pouvait agir et réussir. La mise en place des plans d?urgence pour éviter un effondrement du système financier, la contribution des européens au sommet du G20 a illustré cette phrase : quand l?Europe veut, l?Europe peut.
Comme le dit la déclaration commune entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, « l?enjeu de ces élections n?est pas de régler des questions techniques mais de répondre à une question fondamentale : quel modèle économique voulons nous ? Le libéralisme sans règles a échoué et a conduit à la crise que nous connaissons. Le modèle que nous voulons c?est celui de l?économie de marché responsable, qui privilégie l?entrepreneur et le salarié sur le spéculateur, l?investissement de long terme sur le profit immédiat ».
Ce projet de la majorité présidentielle s?organise autour de 30 propositions que l?on peut rassembler dans quatre têtes de chapitre :
- Une Europe qui protège, notamment en coordonnant les plans de relance dans les bassins d?emplois touchés par la crise et en investissant dans des grands projets technologiques et industriels à l?échelle du continent - Une Europe Solidaire qui protège les citoyens les plus vulnérables, qui favorise le dialogue social dans l?entreprise. Une Europe qui parle à sa jeunesse, encourage son besoin d?engagement, de mobilité, de culture et de formation. - Une Europe innovante qui développe une croissance verte fondée sur les nouvelles technologies source de compétitivité et d?emplois pour notre continent. - Une Europe qui porte les valeurs des droits de l?homme au-delà des frontières en bâtissant une défense, une diplomatie et des projets de développement avec les pays du Sud, notamment dans le cadre de l?Union Pour la Méditerranée.
Ce projet peut largement rassembler des citoyens venus d?horizon très divers s?ils se posent honnêtement cette simple question : qui sont aujourd?hui ceux qui font avancer l?Europe? Il reste encore quelques jours aux Progressistes pour continuer leur mobilisation dans cette campagne des élections européennes.
Faisons en sorte que le 7 juin ce soit l?Europe qui gagne !
Immigration, Fiction et Réalité
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 01-06-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, J?ai été voir le film de Philippe Lioret "Welcome". C?est un bon film, très bien construit, admirablement interprété, qui provoque avec efficacité l?émotion du spectateur. On ne peut demander à une ?uvre de fiction de faire preuve d?impartialité dans la description d?une réalité, une ?uvre cinématographique s?adresse d?abord aux sentiments du spectateur. Dans toute critique, même excessive ou injuste, il y a d?ailleurs une part de vérité et je dirais qu?à ce titre que ce film fait ?uvre utile en rappelant la situation tragique des clandestins qui cherchent à passer en Grande-Bretagne. C?est avec les images de ce film que j?ai écouté Eric Besson au Grand Rendez-vous d?Europe 1 dimanche. Sa tâche n?est pas facile car il est le ministre de sujets exposés médiatiquement pour lesquels il est facile de faire vibrer des cordes sensibles et de déclencher des tintamarres médiatiques. La France comme tous les autres pays européens a une politique d?immigration et d?intégration. Plus de 200 mille personnes ont immigré légalement en France l?an dernier, plus de 100 mille ont fait l?objet d?une naturalisation. On ne peut donc pas parler d?un repli français. La politique française ne se démarque pas fondamentalement de celle qui est menée dans les autres pays européens et s?inscrit d?ailleurs dans des règles en partie définies au niveau de l?Union Européenne. Il reste la question de l?humanité avec lequel on traite les hommes qui sont victimes de ceux qui font métier d?exploiter la misère humaine en laissant croire que l?on peut rentrer illégalement dans un pays et y trouver l?Eldorado. Comment expulser quelqu?un en respectant les droits de l?homme ? Comment gérer un centre de rétention dans la dignité des personnes ? Comment ne pas être le complice des passeurs en laissant croire dans les pays d?émigration que l?immigration illégale est possible ? La tâche de la police n?est pas plus facile que celle du ministre, et c?est l?honneur de notre pays que de constater que dans l?immense majorité des cas les valeurs de la République sont respectées. La protestation vertueuse des bonnes âmes qui ne se salissent pas les mains est sans doute trop facile et l?on devrait leur poser plus souvent la question : quelle politique alternative proposez-vous ? Dans la devise républicaine, c?est sans doute la fraternité qui est le plus difficile à mettre en ?uvre, car elle n?est pas, au niveau de l?état, un simple mouvement du c?ur, mais suppose d?arbitrer entre des équilibres incertains : une immigration non contrôlée compromettrait une intégration qui est déjà loin d?être parfaite, elle ouvrirait un boulevard à ceux qui font du racisme leur fond de commerce électoral. Eric Besson a déjà démontré qu?il n?avait pas peur des combats difficiles, une qualité qui lui sera bien utile dans ceux qu?il reste à entreprendre.
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 30-03-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Roger FAJNZYLBERG, J'accompagnais, ce matin Eric Besson qui passait en direct sur Europe 1 dans le cadre de l'émission politique "Le Grand Rendez-Vous" produit par Le Parisien et Europe 1 Je vous en livre mon commentaire personnel. Eric Besson a parfaitement montré, contrairement au bruit médiatique provoqué par plusieurs associations et par des groupes politiques de gauche et d'extrême gauche, que la politique préconisée par le Président de la République, et mise en oeuvre par le gouvernement, s'appuie sur la tradition d'accueil des immigrations qui constitue l'histoire de la sédimentation de l'identité nationale de la France. Deux cent mille travailleurs immigrés et leurs familles sont admis ou régularisés sur le territoire national et cent mille étrangers sont naturalisés, chaque année. La France est le troisième pays au monde, après les USA et le Canada, en matière de droit d'asile et les délais d'instruction, en France, sont parmi les plus courts, même plus courts que ceux des pays de l'Europe du Nord. Répondant à la présentation de situations spécifiques qui étaient mises en avant par les journalistes de la station, il a appelé à la prudence, celles et ceux, de bonne foi, qui seraient susceptibles de s'enflammer pour telle ou telle situation, sans connaitre la réalité complète du dossier et indiquait que dans la plupart des cas, lorsque les dossiers lui étaient transmis et que les vérifications étaient faites, la véracité des situations tombait d'elle-même. Il a rappelé que les politiques migratoires avaient donné lieu à un accord des gouvernements européens, socialistes, socio démocrates et de droite sur la base des propositions qui avaient été travaillées sous l'impulsion de Brice Hortefeux, pendant la présidence française de l'Union. Il a montré comment les gouvernements africains l'ont encouragé à agir contre les trafiquants de main d'oeuvre, qui aujourd'hui se confondent souvent avec les réseaux de prostitution, les réseaux pédophiles et ceux de la vente d'organes, comme aussi ceux de la drogue. Ce sont des questions auquelles les âmes charitables feraient bien de réfléchir. Il ne faut pas que la générosité de nos concitoyens soit détournée! Interrogé sur la situation du PS, l'ancien socialiste Eric Besson a estimé, sur Europe 1, que le PS commettait les mêmes erreurs que par le passé". Le ministre de l'Immigration dénonce l'angélisme de son ancien parti pointé du doigt en son temps par Lionel Jospin. Il estime que "le Parti socialiste a eu et conserve un problème avec ce que j'appellerai l'ordre républicain". Et d'ajouter : "en faisant cela, il se retourne contre celles et ceux qui sont les principales victimes", à savoir les quartiers populaires et les clandestins. Les quartiers populaires confrontés à l'insécurité et les clandestins en raison de leurs conditions d'arrivée en France. Les raisons de l'échec du rassemblement du PS au Zénith, la semaine dernière est à comprendre dans le fait qu'une campagne qui vise à dénoncer les attaques contre les libertés publiques (qui seraient mises à mal par l'actuel gouvernement) n'est pas crédible, ni dans l'opinion publique ni même au sein du PS. Sa direction a décidé d'enfourcher ce cheval de bataille cette semaine à l'Assemblée Nationale. Et bien chiche, nous verrons bien quelles situations d'atteintes aux libertés le PS souhaitera dénoncer concrètement, et pas à partir d'un discours idéologisé?
La réintégration définitive de la France dans l?OTAN : un garde fou face aux dérives
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 11-03-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Depuis que le Président de la République a annoncé son souhait de voir la France réintégrer définitivement les différents organes institutionnels et opérationnels de l?Alliance Atlantique, la polémique a (naturellement !) surgi et, avec elle, tout un cortège de mythes, de malentendus, sinon de contre vérités manifestes. Passons sur l?article pathétique signé dans un quotidien du soir par l?ancienne candidate aux élections présidentielles, qui montre ici, à nouveau, sa méconnaissance ahurissante des grands problèmes internationaux. Plus étonnante fut, à mon avis, l?argumentation de réfutation d?un ancien Premier Ministre, rejoignant les cris d?orfraie poussés par certains héritiers auto proclamés de la doctrine gaullienne du splendide isolement.. Je sais bien que Jaurès soulignait avec pertinence que « l?on ne dit pas ce que l?on sait, on dit ce que l?on est » ! De quoi parle-t -on en réalité ? 1) la première confusion est classique : la France ne va pas réintégrer l?Alliance Atlantique, et pour cause, car elle ne l?a jamais quittée ! Elle s?était « simplement » (via la décision certes spectaculaire de De Gaulle, en 1966) retirée des organismes opérationnels créés ultérieurement, en aval, pour préciser la doctrine de ladite organisation et concrétiser ses objectifs et ses moyens. 2) L?Alliance Atlantique a évolué. Nous allons célébrer le 4 Avril prochain les soixante ans de sa création ! L?Alliance est née en 1949, dans la foulée de l?émergence de la Guerre Froide et du rideau de fer qui s ?abat, comme le fustigea Sir Winston Churchill, à travers l?Europe Centrale. Chacun connaît la teneur du Traité et, notamment, de ses articles 2 et 5.L?Alliance est clairement un traité de Défense collective pour faire face au Bloc de l?Est. Thucydide rappelait jadis qu?un traité ou une coalition disposait d?une durée de vie moyenne de l?ordre d?une trentaine d?années ! Ce fut, grosso modo, le cas du Pacte de Varsovie. Et, en soixante ans, le monde a changé et les objectifs de l?Alliance aussi ! J?ignore si la planète s?oriente, depuis deux décennies, vers un système géopolitique unipolaire (thèse de Fukuyama ou de Kennedy)), un système uni multipolaire (vision de Samuel Huntington), ou en voie de multipolarisation (thèse de Joseph Nye) Ce que je sais, en revanche, comme tout le monde, c?est que le système bipolaire créé à Yalta et conforté par la saga du nucléaire, a disparu à la fin des années quatre vingt ! Et, avec lui, la menace soviétique? Notons que certains experts, eu égard à ce constat, en tirent la conclusion que, la menace disparue, l?instrument fabriqué pour faire face à ladite menace devient obsolète et que la survivance de l?Alliance Atlantique serait de facto une « anomalie ».Nous pensons précisément le contraire ! Naguère, l?OTAN était un strict instrument de Défense collective, dont la compétence exclusive concernait les menaces extérieures, une compétence fort éloignée, en principe, de celle des instruments de Sécurité collective illustrés, par exemple, par l?Organisation des Nations Unies. 3) On touche ici du doigt le c?ur de la problématique. En effet : depuis 1990-1991, l?OTAN tend de plus en plus à se manifester concrètement (témoins la Bosnie ou le Kosovo) en qualité d?instrument de sécurité collective. Une «dérive» que certains explicitent par la volonté (plus ou moins sournoise) des Etats Unis, noyau dur de ladite Alliance, de conforter discrètement leurs ambitions de «gendarmes du monde ». Une dérive qui ne peut pas laisser indifférente la communauté internationale en général, l?Union Européenne et la France en particulier Et comment faire face à ces éventuelles dérives en restant à l?extérieur de l?organisation militaire intégrée ? Ici, quelques brefs rappels historiques ne sont peut être pas totalement inutiles. 1966, avec l?initiative spectaculaire de De Gaulle ne fut, ni un commencement, ni une fin ! Ni un commencement : Rappelons que dès 1958, De Gaulle avertissait Eisenhower et McMillan de sa décision de retirer l?escadre française de la Méditerranée du commandement Otan (AFMED)Et en 1959, la France enlevait aussi notre escadre atlantique du commandement de SACLANT. Ni une fin : Dès 1967, Paris « rectifie le tir »ou plutôt, le précise. Les Accords Ailleret-Lemitzer confirment le principe de « continuité opérationnelle » Au-delà (ce qui n?est certes pas négligeable) du constat que la France confirme son opposition à tout engagement automatique, Paris, en cas de guerre, placera « ses forces dans une situation guère différente de celle qui était la sienne avant 1966 ». Le principe de coopération en matière de forces conventionnelles est confirmé en 1977 par les Accords Valentin-Freber et, en 1979, par les Accords Biard-Schultz. Mieux, plus significatif encore, tout au long du premier mandat de François Mitterrand, la coopération? nucléaire est réaffirmée. Mais les dates clefs quant à l?évolution des rapports entre la France et l?Organisation militaire intégrée demeurent celles de 1991 (la France s?associe désormais aux travaux du Comité des Plans de Défense de l?OTAN), de 1995 (la France participe de plein droit au Conseil des Ministres de l?Alliance) et de 1996 (Paris réintègre l?organe exécutif de l?OTAN, son Etat Major international. 4) Cette évolution édifiante correspond aussi, il faut le reconnaître, à un échec patent de la construction européenne en matière de défense. Les bilans de la PESC et de la PESD demeurent, aujourd?hui, singulièrement médiocres. Les lenteurs des négociations, l?insuffisance des moyens, le rôle (subtil ?) de la Grande Bretagne, se sont conjugués (plus que l?éternelle évocation du nucléaire français) pour aboutir (provisoirement, espérons le) à un constat de semi échec, même si, en ce domaine comme en beaucoup d?autres, la Présidence française de l?Union a boosté Bruxelles et nos partenaires de manière particulièrement significative. A l?Europe élargie a correspondu en outre un élargissement spatial de l?Alliance avec l?adhésion, notamment, il y a dix ans, de la trilogie « Pologne, Hongrie,Tchéquie », une adhésion également fort révélatrice. De facto, avec la multiplication de nouvelles menaces, internes aux membres de l?Alliance (et confinant donc à des objectifs de sécurité collective), du terrorisme international à la pérennisation des contentieux intra étatiques ou à la banalisation de la cybercriminalité) la tentation de voir l?OTAN s?immiscer progressivement dans un champ de compétences qui n?était pas le sien, eu égard à la faiblesse des organismes ad hoc (de l?ONU à la PESD?) est de moins en moins hypothétique et virtuelle. Face à cette situation, deux options s?offraient à la France : - L?isolationnisme , « la chaise vide » (un recul de fait par rapport au statu quo ante). Paris afficherait son splendide isolement (avons-nous les moyens de cette politique) et se cantonnerait à un strict rôle d?observateur des péripéties internationales ou, au mieux, agirait au coup par coup. On doute alors de son poids réel dans la gestion des crises. - la réintégration complète, l?option clairement affirmée par le Président de la République. Et loin de perdre une quelconque autonomie, nous contribuons alors pleinement au recentrage des objectifs de l?Allliance tout en oeuvrant pour la mise en place à moyen terme d?une véritable défense européenne.Un expert affirmait récemment, (pour en tirer la conclusion qu?il fallait se retirer définitivement de l?Alliance) : « l?OTAN n?est plus l?outil du Pentagone, mais le furet de la géopolitique gérée par le Secrétariat d?Etat ». J?ignore si Barack Obama va modifier profondément la politique extérieure sécrétée par ses prédécesseurs ou se cantonner (realpolitik oblige) dans quelques inflexions. En revanche, quant au «furet», je tire des conclusions aux antipodes de celles dudit expert : c?est précisément pour éviter que ce dernier ne commette quelques ravages irréversibles que la présence pleine et entière de Paris au sein de l?édifice OTAN est plus que jamais nécessaire Quant à la question du nucléaire (les adversaires de la réintégration évoquant régulièrement cette dernière en tant qu?obstacle), le fait que la France dispose d?une force de dissuasion indépendante ne nous parait pas contradictoire avec la défense des intérêts collectifs des membres de l?Alliance, sauf à oublier la spécificité même de semblable force de dissuasion.
Franchir le rubicon
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 27-01-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Il y a des Rubicon plus larges, plus profonds, plus difficiles à franchir, que d?autres. Comme je le crois plusieurs de mes amis de les-progressistes.fr, je ne me voyais pas, il y a quelques mois encore, rejoindre l?U.M.P. Homme de gauche de toujours, ayant bu pendant des années jusqu?à la lie les coupes amères pour rester malgré tout dans ma famille politique socialiste, mon soutien en 2007 à Nicolas Sarkozy, mon adhésion aux «Progressistes» d?Eric Besson ne me préparaient pas pour autant à ce choix politique. Le débat était depuis mai 2007 de savoir quelle modalité politique était la plus efficace dans le cadre de la majorité présidentielle : création d?une force politique autonome, ralliement aux Radicaux ou aux Centristes. Il est vrai qu?en politique, comme dans bien d?autres domaines d?ailleurs, il est prudent de suivre l?adage anglais «Never say never». Entre la Gauche et la Droite, il n?y a pas de fossé si grand, si l?on s?en tient à la promesse politique, aux programmes, et encore plus aux réalisations (surtout si l?on porte ce regard dans les autres pays). Mais entre familles politiques il y a des écarts culturels, de style, qui ne se mesurent que de l?intérieur. Les familles politiques sont aussi faites d?habitudes, des amitiés qui se créent, comme des inimitiés qui s?installent. Rejoindre une famille politique c?est souvent prendre le risque de ne pas s?y intégrer. Pour ma part la vision que j?ai eu pendant longtemps de l?U.M.P et de ses prédécesseurs était celle d?un parti caporalisé de vieux messieurs lisant le Figaro, pouvait-on d?ailleurs rencontrer l?intelligentsia ailleurs qu?à Gauche ? Ce n?est pas ce que j?ai ressenti en participant en tant qu?invité à ce premier Conseil National. Question caporalisme je crains moins Xavier Bertrand que Martine Aubry et j?ai apprécié cette tonalité d?ouverture qui va bien au-delà des nouvelles responsabilités d?Eric Besson. Pour que notre ralliement ait un sens nous devons manifester une triple volonté : La première est de reprendre et continuer la tradition sociale gaulliste en faisant du pouvoir d?achat, de l?égalité des chances, de la participation, des préoccupations principales. La deuxième est d?être une force qui soit au maximum à l?initiative du débat politique en faisant de la prospective une méthode, de l?imagination une obligation intellectuelle. Le troisième est de rendre aux français le goût de la politique comme Barak Obama a su le faire avec les Américains : ce qui suppose de multiplier les débats, d?exprimer les choix politiques dans des alternatives claires, de trouver des lieux nouveaux pour l?expression politique. L?année 2009 s?ouvre dans une conjoncture difficile, qui doit nous amener à nous inspirer de la pensée du Président Lincoln : « Les dogmes du passé paisible sont inadaptés au présent tempétueux. ». Alors oui, Alea jacta est, prenons le risque de franchir le Rubicon, pour construire un grand mouvement au service des réformes et du progrès.
Avec Eric Besson, pour participer à la construction du Mouvement populaire, j'adhère à l'UMP.
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 27-01-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Roger FAJNZYLBERG, J'ai assisté samedi 24 janvier à la réunion du Conseil National de l'UMP au cours de laquelle son nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand, a promis de faire du parti majoritaire un "mouvement populaire" et s'est fixé pour objectif de porter à 500.000 le nombre de ses militants en 2012. J'y étais parce que j'ai choisi de rejoindre le mouvement populaire que le Président de la République appelle de ses voeux et donc d'accompagner Eric Besson, au moment où il allait être désigné comme nouveau secrétaire général adjoint. Ce choix, pour être honnête avec vous, il arrive sous une forme et à un moment que je n'imaginais pas de cette manière. Mais mon engagement en faveur du Président de la République et mon soutien à Eric Besson en ont décidé autrement. Ainsi vont les choses. Dans l'action politique, il faut savoir décider! Pour quelqu'un comme moi, qui souhaite aller au bout de son engagement et qui a toujours été un militant politique, il m'est apparu normal de m'engager totalement. Comme l'avait exprimé Tony Blair, à l'occasion d'une des réunions auxquelles il a participé à Paris depuis un an, si j'avais été anglais, aujourd'hui je serais travailliste, si j'avais été espagnol, j'aurais été socialiste contre les conservateurs, si j'avais été américain, j'aurais voté Barack Obama contre Mac Cain et plus encore contre Sarah Palin. Si Strauss-Kahn avait été le candidat de la gauche, je crois que je l'aurais soutenu, mais passer encore des décennies à ergoter sur des virgules pour me persuader que le parti avance dans le bon sens, comme je l'ai fait pendant vingt ans au PCF, puis passer du temps dans des batailles de courants du PS, qui ne sont pour l'essentiel que des batailles pour résoudre les questions d'ambitions personnelles, alors que nos concitoyens souffrent et que le monde bouge autour de nous, cela m'était devenu insupportable. C'est la raison de mon soutien à celui des candidats qui était préparé à assumer la fonction présidentielle en ayant mesuré les enjeux et le niveau des réponses nécessaires. Depuis dix huit mois que j'ai choisi d'appuyer Nicolas Sarkozy, je ne le regrette pas. Bien au contraire! Le Président a estimé, en accord avec les dirigeants du principal parti de la Majorité qu'aujourd'hui, il est temps d'engager la rupture pour faire de l'UMP le grand mouvement populaire que les Français attendent. Ils ont estimé que parmi les signes forts de cette rupture, l'ouverture de l'UMP à des militants politiques, venus de la gauche, pour apporter leurs sensibilités et contribuer à renforcer le camp du mouvement contre l'immobilisme, était souhaitable. Symbole fort, ils ont proposé à Eric Besson de devenir secrétaire général adjoint du mouvement. Dans ces conditions, j'ai décidé de rejoindre cette UMP modernisée et ouverte pour contribuer au succès de la politique en cours. La rupture promise par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle en 2007 a été faite à l'Elysée, au gouvernement et aussi au Parlement, Aujourd'hui l'UMP "doit donner une autre image de la politique", s'ouvrir "à toutes les bonnes idées" et refléter la diversité de la société, a-t-il été affirmé fortement. Le secrétaire général a promis d'encourager le débat. "Bien sûr que les avis peuvent être différents. Mais je préfère le débat au sein du mouvement avec tous plutôt que le débat entre quelques-uns par médias interposés", a dit Xavier Bertrand, qui a promis qu'il n'y aurait pas de "sujet tabou". Le Conseil national avait auparavant adoubé la nouvelle direction et le nouveau bureau politique a ensuite élu Xavier Bertrand, et ses quatre adjoints dont Eric Besson. L'accueil fait à Eric Besson et à sa démarche a été particulièrement saluée et applaudie, sincèrement, j'ai pu le mesurer. Il a été aux côtés de Xavier Bertrand, de François Fillon et au Président de la République la vedette de la réunion, tant auprès des cadres du parti que des médias. "C'est un moment particulier. Depuis deux ans je suis membre de cette majorité présidentielle. Quand je m'engage je le fais à fond", a-t-il dit à son arrivée à la Maison de la Mutualité, bâtiment plutôt habitué aux meetings de la gauche situé dans un coin du Quartier Latin que je connaissais bien. "Comme ils m'ont dit que c'était à la Mutualité et que j'y ai quelques souvenirs, je me suis dit 'tiens je connais l'endroit, j'ai des repères'", a-t-il ajouté. "Qu'il y ait quelques dents qui grincent (à l'UMP), ça me paraît normal." Pour anticiper quelques réunions à venir, il y en aura aussi à Sèvres. Même le député-maire de Nice Christian Estrosi, qui a dû céder son poste de secrétaire général adjoint, faisait contre mauvaise fortune bon coeur. "M. Besson a fait ses preuves, il n'a jamais fait défaut en terme de loyauté au président de la République", a-t-il dit. "C'est une vraie plus-value qu'il apporte à notre équipe. "Affirmant vouloir «faire de l'UMP le parti du rassemblement national face à la crise», le Premier ministre a affirmé que, «par son parcours et sa sensibilité politique, Eric est naturellement différent de nous». Avant d'ironiser : «Encore que, je vais vous faire une confidence que vous ne répéterez pas, il y a moins de différences entre Eric et moi qu'entre les différents courants du Parti socialiste». Renouvellement, rassemblement et diversité étaient les trois mots d'ordre des ténors de l'UMP. C'est donc pour nous une page qui se tourne et une nouvelle page qui s'ouvre. J'espère que vous serez nombreux à nous rejoindre.
Le futur du futur !
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 09-01-2009
Mise à jour: 29-08-2009
La richesse du colloque « nouveau monde, nouveau capitalisme » ne saurait être résumée en quelques lignes, je me contenterai de relever quelques impressions. La première est celle d?avoir assisté à un événement historique, non seulement par le rassemblement de grandes personnalités politiques et intellectuelles, mais surtout par l?ambition de la question posée. Le président Sarkozy dans sa critique du capitalisme financier rappelle l?urgence des réponses à apporter, il le fait avec des tonalités que l?entendait plutôt à gauche sur ce sujet. Il ne s?agit plus de réformer, au sens de correction marginale, mais de refonder un système qui a certes contribué à la richesse du monde, mais a atteint aujourd?hui ses limites. La deuxième est d?être frappé par la convergence des mesures envisagées sur le plan de la régulation financière : encadrement de la titrisation, modification des règles prudentielles des établissements, régulation des ventes à découvert, remise en cause des rémunérations des traders, tous s?accordent sur les principales mesures , même si l?appréciation peut varier sur le réglages des curseurs. Le troisième point est celle du dépassement du clivage gauche-droite sur les mesures à apporter : quelle différence entre ce que dit Michel Rocard (qui rappelle opportunément que la régulation n?est pas forcement étatique), ce que propose Tony Blair ou le ministre de l?emploi britannique et les conclusions de François Fillon. Le quatrième point porte sur le retour du politique. Fitoussi a fort opportunément rappelé que la légitimité du capitalisme n?est pas autre que celle de la démocratie, il n?y a d?économie que politique. François Chérèque met l?accent en écho sur le rôle de la prise en compte des partenaires sociaux (les stake holders versus les share holders selon la formule de nos amis anglo-saxons). Le cinquième point porte sur la multi-polarité. Que des acteurs du tiers-monde aient participé aux débats parait essentiel. L?heure n?est plus à avoir un monde dirigé par une puissance unique, fusse-t-elle celle des Etats-Unis, ou par le club des pays riches, mais de passer du G8 au G20 sans parler du G185 pour reprendre la formule sympathique d?un des participants. Un intervenant a parlé du futur du futur, c'est-à-dire de la façon de prévoir, de vouloir l?avenir. Le regard que les hommes portent sur leur avenir caractérise une société car cela varie selon les moments de l?histoire : nostalgie ou rêve débridé, optimisme ou catastrophisme. Ce que je perçois des échanges de ce colloque nous ramène à une vision plus modeste du futur, une sorte de retour de la prudence qui a tant manqué aux acteurs du monde financier et que les politiques doivent aujourd?hui rappeler. Le président Roosevelt aux prises avec la crise économique déclarait en 1932 : « le pays exige une expérimentation hardie et constante. Adopter une méthode et la mettre à l?épreuve, cela relève du sens commun. Si ça rate, l?admettre et en essayer une autre. Mais avant tout, il faut tenter ». Ce retour du bon sens ne serait il pas le futur de notre futur ?
De la laïcité,
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 07-01-2009
Mise à jour: 29-08-2009
Par Jacques Soppelsa, Lors de ses v?ux à la nation, le Président Nicolas Sarkozy, à juste titre, a notamment souligné avec vigueur l?actualité de la notion de «solidarité». Un propos largement et positivement commenté par de nombreux médias. Paradoxalement, ces derniers, en revanche, n?ont guère insisté sur une autre allusion directe et tout aussi ferme de notre Président quant aux vertus de la laïcité, ce qui est relativement regrettable, car Nicolas Sarkozy, en la circonstance, a levé avec bonheur toute ambiguïté en la matière, à la vive satisfaction des républicains et des progressistes. On peut réaffirmer sans réserve que la «laïcité est une idée neuve, actuelle, qui doit être systématiquement promue car, plus que jamais, elle demeure la condition sine qua non du progrès économique, social, politique, de la France contemporaine. On le sait, nous vivons, en la matière, dans le cadre désormais séculaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l?Etat, loi généralement considérée comme l?un des fondements majeurs de notre société. Une loi dont l?article premier est singulièrement éclairant : «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit la liberté des cultes ». La laïcité, en effet, n?est pas un combat contre l?esprit de religiosité en général et la liberté religieuse en particulier. C?est même précisément le contraire ! La loi de 1905 protège une liberté collective, celle de pratiquer les cultes «sans autre restriction que l?intérêt de l?ordre public». Mieux même, son article 4 reconnaît «l?organisation interne des cultes». Mais la conscience libre de chaque citoyen, pour le laïque, ne peut en revanche être liée à un des pouvoirs étrangers aux processus démocratiques librement consentis. C?est à ce titre que la laïcité protège l?ensemble des institutions publiques des influences confessionnelles, comme de celle de tout autre type d?influences incompatibles avec les vertus démocratiques. Double indépendance, donc : indépendance de l?Etat à l?égard des religions, et des religions à l?égard de l?Etat. En rappelant dans ses voeux l?actualité du concept de laïcité, Nicolas Sarkozy a ainsi, de facto, souligné aussi que cette double indépendance montre aussi que cette loi s?inscrivait dans le droit fil des traditions philosophiques exprimées avec force sous la plume des penseurs du Siècle des Lumières, traditions solennellement réaffirmées et concrètement traduites, sous la Révolution française, par la proclamation des Droits de l?Homme et du Citoyen. La laïcité a pour corollaire direct la stricte neutralité de l?Etat face aux convictions de chacun. Le choix de chaque individu en faveur de telle ou telle religion est libre, mais ce choix ne peut influencer l?organisation de la Cité et de la «res publica». Comme le soulignaient déjà les défenseurs de la proposition de loi, il y a donc plus d?un siècle, «la loi respecte la foi, mais la foi ne peut bafouer la loi». Dans notre pays, la laïcité garantit ainsi la neutralité des institutions publiques, et donc la liberté de chaque individu dans l?espace public, en accordant à ce dernier, quelle que soit sa confession (ou son absence de confession) des garanties rigoureusement égales. Et comme le confirme l?article premier de la Constitution de la Vème République, «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale». «La Loi, toute la Loi, rien que la Loi». Cette affirmation apparaît aujourd?hui plus que jamais valable. D?autant que son champ d?application s?est largement ouvert. Centrée au départ sur le strict financement des édifices religieux et sur la question de l?école, la laïcité concerne désormais tous les domaines de la vie publique, tant au plan culturel qu?économique, tant au plan social que sociétal. Il était particulièrement bienvenu d?entendre le Président réaffirmer, en cette aube de l?an 2009, tristement riche, de par le monde, en exemples d?intolérance et de conflits fondés sur le refus viscéral de l?Autre, notre attachement aux vertus de la laïcité.
Les orphelins de la social-démocratie
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 18-12-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, En regardant la finale pathétique du 34° congrès du Parti Communiste incarnée par Marie-Georges Buffet, « PC vintage » des années 70 des pieds jusqu?à la tête, je me suis souvenu du livre de Jean-Pierre Gaudard « les orphelins du PC » écrit au début des années 80. Comment ne pas se souvenir de cette prodigieuse construction humaine et politique que fut le Parti Communiste, du grand Marchais des débats télévisés qui dominait comme aujourd?hui Besancenot de la tête et des épaules ses adversaires en utilisant comme ce dernier des arguments simplistes mais efficaces. Ceux qui venaient de quitter le PC se sentaient alors orphelins car aucune formation politique ne leur proposait une aventure révolutionnaire, une dimension internationale, un modèle d?organisation, une philosophie de l?action totalisante et attractive comme pouvait l?être le marxisme et son application communiste. Et puis cette nostalgie des fêtes de l?Huma quand l?odeur des merguez se mélangeait à une chanson de Jean Ferrat? Etre orphelin en politique c?est avoir quitté la chaleur d?une famille sans en en avoir trouvé une autre. Aujourd?hui il n?y a plus pour ainsi dire d?orphelins du P.C car ils se sont faits tous adopter, le plus souvent au Parti Socialiste, mais la période la plus récente a engendré de nombreux orphelins de la social-démocratie en gros ceux qui n?ont pas voulu suivre l?aventure consternante que portait Ségolène Royal et son projet mortifère pour la France et ceux plus récents qui désespèrent des palinodies de la rue de Solferino . Où vont-ils aller ? Au Modem, mais n?est-ce pas pour rejoindre un possible premier ministre de Ségolène ? Au Parti Radical car il est porteur d?une tradition humaniste ? Mais au-delà de la personne sympathique de Jean-Louis Borloo, n?est-il pas en plus petit, porteur des maux qui minent le P.S ? A Gauche Moderne alors ? Projet séduisant certes mais porteur de quelles nouvelles idées ? Aux "Progressistes" enfin ? Mais ce n?est toujours qu?un think tank. C?est dire en tout cas, l?urgence, pour la majorité présidentielle, de rassembler les SDF sociaux-démocrates car en ces temps de froidure il ne fait pas bon être dehors.
Inviter au banquet de la politique.
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 15-12-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Le discours de Jean-Marie le Clézio lors de sa réception du prix Nobel de littérature m?a particulièrement ému. Il affirme que la responsabilité de l?écrivain est «d?inviter au banquet de la culture». Il cite en exemple Rabelais partant en guerre contre les cuistres universitaires de son époque, exprimant une langue verte, mais populaire. Il parle aussi de cette femme, sauvage dénudée au c?ur de l?Amazonie, porteuse d?une merveilleuse et immense culture. Je ne peux m?empêcher de penser que les propos de Le Clézio pourraient s?appliquer à la politique. Qui aujourd?hui participe au banquet de la politique ? Comme dans tout banquet, il y a ceux qui ne viennent que pour manger, ceux qui viennent pour parler, ceux qui servent, ceux qui invitent et ceux qui paient, c'est-à-dire tout le monde. Ils sont des professionnels pour l?essentiel, parfois pour les accompagner les organisateurs de «spectacles politiques» invitent des «sachants» : économistes distinguées, politologues reconnus, experts en opinion etc. C?est le principe même des tables rondes où l?on mélange people de la politique et experts. La salle dans le meilleur des cas peut poser des questions et est surtout invitée à applaudir. J?avoue ma lassitude à participer, depuis sans doute trop longtemps, à ce genre d?événement. Comment trouver d?autres chemins à la politique ? Comment la faire redevenir populaire pour éviter notamment qu?elle ne tombe aux mains des populistes ? Cela passe d?abord par le langage même du politique qui doit s?efforcer d?employer les mots de tous les jours. Cela passe aussi par le choix d?autres lieux pour s?exprimer : notre Président en montre l?exemple en choisissant de parler dans des entreprises beaucoup plus souvent que ses prédécesseurs. Il s?agirait enfin, pour parler comme le Clézio, de donner la parole «aux sauvages porteurs d?une autre culture», par exemple ceux qui travaillent dans l?entreprise, c'est-à-dire la majorité des Français qui devient minorité oubliée dès lors que l?on rentre dans le champ politique. Eric Besson propose de créer une confédération de la majorité où toutes les sensibilités pourraient s?exprimer. Pour les Progressistes, symboles même de l?ouverture, c?est une opportunité mais aussi une obligation, car en politique il y a toujours besoin d?émerger, ce qui de mon point de vue n?est pas affaire de marketing politique, mais d?être capable dans le même mouvement de saisir l?esprit du temps et d?anticiper les changements à venir. Redonner aux Français le goût de la politique, faire venir des énergies nouvelles dans le combat pour transformer la France, trouver des formes différentes pour le militantisme et l?engagement citoyen se résument assez bien dans la vision que l?on peut avoir des bonheurs d?un banquet : la convivialité et la découverte des autres, les noces recommencées du plaisir et de l?esprit.
Réformes, re-forme,
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 28-11-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, En modifiant les statuts du Pari Socialiste, il y a quelques années le tandem Jospin-Hollande pensait avoir trouvé la formule miracle : un vote par motion pour refléter le débat politique et un vote nominal pour garantir la légitimité du Premier Secrétaire. On aura obtenu tout l?inverse : des motions qui ne diffèrent que par des nuances et ne doivent leur existence qu?au lancement des écuries présidentielles et une Première Secrétaire qui élue par quelques voix d?avance portera pendant tout son mandat le soupçon jeté sur elle par sa concurrente. Ce qui arrive au Parti Socialiste ne saurait être sujet de moqueries ou de réjouissances tacticiennes, c?est bien la démocratie française dans son ensemble qui est concernée. Le risque est grand de voir les Français éc?urés par ce spectacle reprendre le chemin de l?abstention. Au-delà du Parti Socialiste ce qui est posé aujourd?hui c?est la légitimité démocratique des partis politiques. Peuvent ils « concourir à l?expression du suffrage » selon les termes de la constitution s?ils ne sont régis que par des pratiques clientélistes, s?ils n?ont d?autres débats que ceux façonnés par les spécialistes du marketing politique, s?ils ne sont que concours de beauté présidentiels ? Ce rapport entre la base et les dirigeants diffère selon les formations et est souvent en grande partie la source de leurs difficultés. Le RPR est mort du caporalisme qui était l?héritage du Gaullisme, supportable quand il s?agissait d?être aux grandes heures de l?histoire avec le Général de Gaulle, difficile à avaler quand il ne s?agissait plus que des petits moments à passer avec Jacques Chirac. Les Verts porteurs d?un grand sujet, au c?ur de la modernité, se sont laissés détruire par leur fonctionnement suicidaire, révélateur d?un certain masochisme écolo. Quant au Modem, ambitieux dans son projet, n?est-t-il pas autre chose que le parti d?un seul homme ? Voilà peut-être venu le moment de réfléchir à quelques questions de société : peut-on laisser la démocratie française en l?état, faut il l?abandonner au régime des partis pour reprendre la formule Gaullienne ou inventer de nouvelles voies ? En d?autres mots ne faut-il pas que parallèlement aux réformes de la société s?engage une réflexion sur une re-forme des mécanismes politiques ? J?aimerais que les Progressistes s?emparent du sujet qui est celui de la réconciliation de la société civile et de la classe politique et celui de la gouvernance de la France : limitation du nombre et de la durée des mandats, statut et financement des partis politiques, accès aux médias, statut des élus, possibilité de candidats libres, éducation à la citoyenneté : que de re-formes à engager !
Pendant ce temps-là à Washington ...
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 25-11-2008
Mise à jour: 29-08-2009
J?ai gardé pour le Parti Socialiste un peu de cette tendresse qui prend parfois la suite des amours passées. J?ai gardé mon admiration pour les grands hommes de la Gauche dont je me revendique toujours : Jean Jaurès, Mendès France, Jacques Delors, Michel Rocard. J?ai gardé de l?amitié pour nombre de socialistes sincères. C?est en pensant à eux au lendemain du congrès de Reims qu?un sentiment m?envahit : la consternation. Comme certains d?entre eux me l?ont confié, c?est la logique du moindre mal qui va les guider. Ségolène est toujours là, malgré sa prestation à la Chantal Goya au Zénith qui aurait du la ridiculiser définitivement. Mais finalement la guignolisation de la politique française a encore de beaux jours ! Pour elle l?enjeu est évident, sa première déclaration après le vote des motions le dit clairement : il faut permettre aux français quelque soit leur revenu de participer au débat : en d?autres termes après les adhérents à vingt euros par ans place aux adhérents à deux euros qui viendront voter en masse pour son investiture à l?élection présidentielle. Martine Aubry a le mérite d?un discours plus complet malgré la confusion du rassemblement qu?elle conduit qui regroupe partisans et adversaires du projet de constitution européenne. Pour faire de la politique depuis de nombreuses années, j?ai fini par me rendre compte qu?elle était un métier où on ne choisissait pas forcement les meilleurs. Un fonctionnaire besogneux, porté par un égoïsme vital, peut prendre l?avantage sur un esprit brillant mais idéaliste. Je pense toutefois que l?on atteint avec cette opération du congrès de Reims, une nouvelle étape dans un recul de la qualité du débat public en France. Beaucoup d?élus et de responsables du P.S. sont d?ailleurs comme des curés qui auraient perdu la foi, mais se sentiraient trop vieux pour prendre un autre métier. D?un point de vue tactique on pourrait s?amuser ou se réjouir de cette situation. Je crois qu?elle est surtout navrante pour la démocratie française. Pendant ce temps là à Washington, le somment du G20 permettait des avancées importantes dans le processus de régulation des mécanismes financiers internationaux. Le rôle de Nicolas Sarkozy y a été déterminant. Les Progressistes qui sont nombreux à venir des rangs du Parti Socialiste, trouveront sans doute dans cela, pour autant qu?ils en aient encore besoin, un réconfort supplémentaire d?avoir quitté leur galère précédente.
Le parti d'Epinay est mort à Reims
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 25-11-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Roger FALZJYNZBERG, Y a t-il un vainqueur au sortir du congrès de Reims du Parti Socialiste? La réponse simpliste dirait que c?est Martine Aubry. La direction du parti socialiste l?a déclarée élue et le Conseil national qui se réunira mardi soir refusera probablement la demande de sa concurrente, Ségolène Royal, de rejouer le second tour de scrutin. Le Parti socialiste aura un nouveau premier secrétaire Réponse probablement trop simple. Que vont peser, en effet, les 42 voix d?avance de Martine Aubry face à l?impressionnante dynamique qui a porté Ségolène Royal de 29% au vote des motions à près de 50% au second tour de l'élection du Premier secrétaire en passant par les 43% du premier tour alors que, partant de 25%, celle ci aurait dû atteindre 50 puis 57% si les reports arithmétiques s'étaient effectués ? Comment empêcher qu?à la légalité de l?arithmétique électorale qui est celle de Martine Aubry s?oppose la légitimité de la dynamique de Ségolène Royal qui montre clairement l?impopularité du Parti Socialiste, tel qu?il fonctionne, aux yeux d?un adhérent socialiste sur deux ? Dimanche dernier, j'étais scotché devant la télévision pour assister à la diffusion, en direct par la Chaîne Parlementaire de la représentation, ou plutôt du happening que nous offrait le PS. Je revivais, avec recul cette fois, le congrès de Rennes que j'avais vécu de l'intérieur comme responsable départemental de la motion 1 (Jospin). Dix huit ans après j'avais le sentiment d'un bon remake mais d'une catastrophe politique pour ce parti que j'ai quitté parce qu'à mes yeux, il est dans l'incapacité de servir; dans l'incapacité, malgré le dévouement de ses adhérents et le travail de ses élus locaux, de jouer un rôle utile dans le débat démocratique pour rassembler celles et ceux qui veulent servir le progrès. Ce qui devait arriver, arrive. Avec des amis nous avions imaginé des scénarios catastrophe. Celui qui est représenté devant nos yeux, est au delà de ce que je pensais. Martine Aubry est le plus petit commun dénominateur des adversaires de Ségolène Royal, mais celle-ci incarne plus clairement un leadership qui probablement correspond mieux au profil d?un futur candidat à la présidence de la République ? Comment nier que pèsera toujours sur ses adversaires de circonstance le soupçon d?avoir par tous les moyens barré la route à celle qui prétend incarner le renouvellement, l'adaptation aux défis à relever dans les années qui viennent ? Même déclarée vaincue, Ségolène Royal est le vainqueur de ce congrès et, telle la statue du commandeur, elle va se dresser constamment face à une direction nécessairement sur la défensive et incapable d?adopter une ligne politique commune ? Victoire d?Aubry à la Pyrrhus, victoire réelle de Ségolène donc ? Pas si sûr. Car les véritables vainqueurs du congrès de Reims pourraient bien être ceux qui ont décidé de rompre avec le PS et de rejoindre Nicolas Sarkozy pour affronter les défis qui se dressent devant notre société et devant le monde. J'en suis de plus en plus convaincu. La fonction de défricheurs de notre groupe les-progressistes.fr apparaît, plus que jamais utile à la société française que ce congrès de Reims. Comme l'a dit Manuel Valls, l?un des lieutenants de Ségolène Royal, la fracture du PS «sera longue et durable» si les adhérents ne sont pas appelés à revoter, ce qui est peu probable. Ainsi donc vont se dresser l?un contre l?autre deux personnalités, deux camps, deux partis même, pourrait-on dire, dont aucun ne reconnaîtra la victoire de l?autre. Tous les présidentiables, Martine Aubry, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et quelques autres n'auront qu'une idée en tête, car on les connaît bien, ce sera de faire tomber les autres et à ce jeu, comme d'habitude, tout le monde tombera. Aucun rassemblement ne sera possible et tout affaiblissement d?un camp par l?autre sera aussi un affaiblissement du parti dans son ensemble, en admettant même que le parti demeure uni - ce qui, certes, est le plus probable mais n?est plus absolument certain. Deux camps, voire trois ou quatre, qui ont une conception radicalement différente de ce que doit être demain l?organisation socialiste, sa stratégie et bien sûr? son leader. Le congrès de Reims débouche sur le résultat exactement inverse à celui annoncé. Le Parti socialiste avait un besoin vital de se donner rapidement un leader fort et légitime. Il a échoué. Il lui faudra dans l?avenir revoir l?ensemble de ses processus internes de désignation. Incapable de gérer la question du leadership, il apparaît inutile. Un parti, celui d?Epinay, est mort cette nuit, mais le nouveau parti socialiste n?est pas près de naître. Cet entre-deux risque de coûter très cher aux socialistes et partant à la démocratie française elle-même.
Peut-on encore être social-libéral ?
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 03-11-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Ayant participé à la rédaction de la motion social-libérale présentée en 2005 au congrès du Parti Socialiste du Mans qui avait recueilli 0,65% des voix, je m?interroge en souriant sur le succès qu?elle aurait au congrès de Reims : sans doute encore moins. C?est vrai qu?avec la crise financière, il n?est pas très politiquement correct à Droite, comme à Gauche de se référer au libéralisme. Au Parti Socialiste seul Bertrand Delanoë avait tenté l?aventure, pour se moderniser avant l?été, en essayant de réhabiliter le mot libéral dans son livre mais il a bien vite rengainé l?argument pour se fondre dans le brouet insipide des motions. Et pourtant, « perinde ac cadaver », je persiste et signe à penser que ce qui se passe dans le monde ne me fait pas renoncer à cette vision politique. L?histoire de l?humanité a montré que chaque grand courant de pensée a porté en son sein sa destruction : le fascisme a tué le nationalisme, le Goulag le rêve d?une société égalitaire, et pourtant le patriotisme, le désir d?une société fraternelle sont ils sans valeur ? Wall Street va-t-il tuer le capitalisme ? Il n?est pas besoin de démontrer que l?économie de marché reste «le plus mauvais système à l?exclusion de tous les autres» pour produire des richesses.Que nos nostalgiques de l?économie administrée aillent donc démontrer à un tchèque, un lituanien que c?était mieux avant, ou à un coréen du sud que c?est mieux de l?autre côté ! La crise financière ne prouve pas l?échec du libéralisme mais celui d?un ultra-libéralisme qui a perdu ses repères. Les fondateurs du libéralisme Adam Smith, Malthus, Ricardo, ne séparaient pas leur théorie économique d?une vision morale et sociale qui peine aujourd?hui à se faire entendre. Le libéralisme ne se conçoit pas sans règles. Je ne prendrai qu?un exemple, qui concentre tous les autres, celui des difficultés que traversent les Caisses d?Epargne. Au-delà des mésaventures d?un trader, Kerviel au petit pied (il n?a perdu que 700 millions d?euros !) on ne fait pas assez savoir que les « papys-mégalo » qui dirigeaient cette société ont cru pouvoir jouer dans la cour des grands en rachetant un établissement basé aux Bermudes qui était un des principaux recycleurs de sub-primes au monde. Au final les Caisses d?Epargne ont du débourser plus d?un milliard d?euros pour renflouer cette société. On voit bien au travers de cette péripétie, qui démontre que l?on peut passer de 150 ans de gestion Louis Philipparde de l?argent des déposants, à l?aventure sans contrôle, ce qu?il convient de corriger sur un plan national et international. D?abord la gouvernance des entreprises, pour s?assurer que les pratiques d?un dirigeant soient encadrées par des administrateurs indépendants et efficaces et non pas des amis complaisants. Ensuite l?établissement de règles prudentielles plus contraignantes empêchant les établissements financiers de jouer avec un argent qu?ils n?ont pas, celui des déposants qui ne leur appartient pas. Cela pose aussi les limites à mettre en ?uvre dans la circulation des produits financiers : faut-il continuer à autoriser la titrisation sans limites, les produits dérivés, les ventes d?actions à découvert ? Enfin il faut aborder la question des paradis fiscaux. Il est temps de faire en sorte que le droit d?ingérence humanitaire, cher à notre ami Bernard Kouchner, soit complété par un droit d?ingérence fiscal.L?économie de marché n?est pas l?impunité de la mafia. Au fond ce dont a besoin notre système économique, c?est de redonner place à une éthique.L?éthique personnelle c?est la capacité de confronter son action à des principes moraux. Elle vise à maîtriser le diable qui est en nous pour reprendre le propos de Schopenhauer. L?éthique économique a une visée similaire, elle vise à protéger le marché de ses égarements.Elle suppose aussi que la question sociale soit au c?ur de la préoccupation éthique : un capitalisme vertueux qui ne ferait pas de la juste répartition des richesses un impératif ne répondrait pas à la préoccupation morale qui le fonde. La période présente est bien celle d?un retour au politique car le capitalisme n?est pas un projet de société à la différence des autres idéologies totalisantes, mais une façon efficace d?accumuler les moyens de la croissance. La panne du Parti Socialiste qui peine à rassembler dans le débat des motions de son congrès quelques fonctionnaires aux cheveux blancs, s?explique par l?effondrement de la base idéologique de la social-démocratie qui avait pour ambition de redistribuer plus équitablement les richesses produites par l?économie de marché. Ce système a eu ses vertus pendant quelques dizaines d?année, il touche aujourd?hui à sa fin car il n?arrive pas à penser l?économie de marché en terme de production. Dans la situation française, il ne suffit pas de se satisfaire d?un Président qui est à la man?uvre avec efficacité. Il faut accompagner son action par un renouveau de ses fondamentaux philosophiques. Cela suppose, car la problématique est mondiale, que la discussion soit portée au niveau international. Pour les sociaux-libéraux la politique est l?espace qui va de la liberté individuelle à celui de la responsabilité collective. Remettre de la morale en politique c?est un vaste programme, mais c?est sûrement l?honneur des Progressistes que de contribuer à le poser dans et au-delà de la majorité présidentielle.
Obama, l?Amérique, et nous.
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 07-09-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Ce qui est nouveau dans la campagne des présidentielles américaines, c?est l?intérêt qu?elle suscite dans le monde. Cela est dû en grande partie au charisme du candidat Barak Obama. Qui aurait pu imaginer qu?il rassemble 200 000 personnes à Berlin et qu?il se crée partout dans le monde des comités de soutien de personnes qui ne sont pas citoyens des Etats-Unis ! Cet intérêt n?est pas simplement une curiosité pour l?élection américaine, le candidat Démocrate porte en fait les espoirs d?une grande partie du monde car il symbolise la promesse d?un retour de l?Amérique que nous aimons : ouverte, diverse, multiculturelle, soucieuse de démocratie. Nous les Progressistes, issus le plus souvent de ce que l?on a appelé la Gauche Américaine nous refusons aujourd?hui comme hier, l?anti-américanisme primaire qui caractérise encore une partie de la gauche française. Nous continuons à penser que la démocratie américaine a sauvé l?Europe de la dictature et continue à être un des points d?ancrage de la civilisation. Obama porte spontanément les espoirs du monde progressiste par son équation personnelle plus que par son programme. Qu?un fils d?immigré kenyan ait réussi à se hisser au somment du Parti démocrate et puisse envisager de devenir Président des Etats-Unis témoigne de son talent bien sûr mais aussi de l?ouverture de la société américaine : cela serait il possible en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne ? L?occasion de cette élection doit nous permettre aussi de comparer la vie démocratique aux Etats-Unis et en France pour en tirer quelques leçons. Ce qui frappe dans le débat américain c?est le poids donné à l?histoire personnelle, de ce point de vue d?ailleurs les deux candidats ont une trajectoire remarquable : le démocrate qui démontre que le rêve américain peut se réaliser, le républicain au courage et au patriotisme admirable. C?est évidemment plus glorieux que l?histoire personnelle de nombre de nos hommes politiques français qui pourrait se résumer en : «est passé de fonctionnaire de l?administration à fonctionnaire de la politique». La puissance de la convention démocrate à Denver donne aussi à penser, surtout quand on la compare au triste spectacle donné fin août à la Rochelle. On y voit l?abîme qui sépare un film de Spielberg du dernier Chabrol, Jimmy Hendrix et Yves Duteil, Jugnot et Brad Pitt. Pour avoir passé de nombreuses années dans des entreprises américaines, j?ai pu mesurer leur professionnalisme impressionnant et l?optimisme énergisant qui les caractérisent. Cela ne veut pas dire que les Etats-Unis soient une société idéale, elle peut être violente, injuste et il vaut mieux y être en bonne santé. Mais l?essentiel est que l?Amérique a une capacité à se réinventer selon le principe de la destruction créatrice de Schumpeter, elle génère une force considérable, une volonté de pragmatisme et de créativité. Les américains attendent beaucoup moins de l?état que la plupart des européens car l?esprit pionnier est toujours là qui veut que dans le Far-West il vaut mieux compter d?abord sur soi. Cela leur évite au moins le débat politique à la française avec nos cortège de pleureuses siciliennes et leur quête furieuse de prébendes. Le rêve américain enfin est aussi celui de tous les progressistes, un rêve fait de tous les rêves, d?un monde pacifié, d?une diversité des cultures et des croyances. Alors oublions quelques instants nos affaires franco-françaises, remisons nos histoires de camemberts dans leur boîte, et gardons à l?esprit quelque chose de Tennessee.
Deux conventions, deux époques
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 07-09-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Après la convention républicaine le New York Times publie un dessin humoristique. On y voit John McCain conduire Sarah Palin, sa candidate fraîchement choisie à la vice-présidence, dans une jolie décapotable dont le volant est monté au-dessus de la banquette arrière et fait face à l?arrière de la route. Les deux co-listiers se dirigent fermement, droit devant, vers le passé. On ne peut imaginer meilleur symbole pour représenter l?essence de cette convention. Et suggérer par contraste le degré auquel les discours prononcés à la convention démocrate la semaine précédente reflétaient les préoccupations actuelles des classes moyennes. À Minneapolis, l?attention des intervenants autant que des médias s?est concentrée essentiellement sur les personnes, sur les biographies : McCain le héros, McCain l?ancien prisonnier de guerre, McCain le pilote homérique, McCain le rebelle, McCain l?iconoclaste. Palin la « maman hockey » (donc dotée d?assez de courage et de patience pour emmener régulièrement un fils à l?entraînement de hockey avec un équipement massif et se geler pendant des heures autour de la patinoire avant de le ramener), Palin la pourfendeuse du droit à l?avortement ayant valeureusement choisi d?accoucher d?un enfant trisomique, Palin la fustigeuse des politiciens corrompus au sein de son propre parti, Palin la chasseresse de caribou (on a moins mis en exergue son scepticisme à l?égard du réchauffement climatique, ses plaidoyers pour l?enseignement du créationnisme dans les écoles publiques, son soutien à la peine de mort, sa compréhension du politique comme expression de la volonté divine). Tous ces spotlights illuminant des individus et des parcours personnels lors de la convention ont permis pendant quelques jours de maintenir une semi pénombre sur la pauvreté de l? « offre » républicaine. Baisse des impôts, réduction des dépenses publiques et du rôle de l?État dans la vie économique et sociale, autorégulation des marchés - cette recette prônée par McCain est la quintessence de la pensée républicaine. C?est bien la formule qu?a appliquée Bush pendant huit ans, avec les résultats que nous voyons aujourd?hui sur les marchés financiers et de l?immobilier, dans la montée du chômage, dans la précarité que subissent 47 millions d?Américains sans protection de santé. Paradoxe suprême : alors même que pendant la convention McCain et ses co-équipiers faisaient l?apologie du non-interventionnisme cher aux Républicains, cette philosophie politique était sévèrement démentie par l?engagement du gouvernement fédéral dans le sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac, seule option pour éviter le désastre. Dans son ensemble, la convention a à peine fait état de la grave crise qui secoue le pays depuis plus d?un an. Il est vrai que Phil Gramm, le mentor de McCain en économie, estime qu?il s?agit d?une « récession mentale » et que les Américains sont devenus une « nation de chialeurs ». On peut par conséquent s?étonner d?avoir vu McCain voler à Obama son thème principal en se présentant lui-même comme l?agent du changement à Washington. Sans doute y a-t-il là une habile stratégie de campagne visant à priver de son contenu l?affirmation identitaire majeure de l?adversaire. Par contre, il n?est en rien surprenant que la résilience de la menace terroriste dont les Républicains font leur miel depuis le 11 septembre 2001, la guerre en Irak et la nécessité de continuer à y « combattre l?ennemi » aient été le motif récurrent de cette convention. Quoi de mieux que le discours de la peur pour éviter de faire le bilan d?une guerre interminable, ingagnable ? Quoi de mieux que le discours de la peur et la désignation répétée d?un ennemi extérieur commun pour fédérer, en l?absence d?un programme apte à mobiliser des énergies réparatrices, créatrices ? De même l?injonction sans cesse répétée pendant ces quelques jours de « forer, forer, forer » (au large des côtes américaines et en Alaska) comme remède au moins temporaire à la hausse des prix de l?essence avait pour but secret d?exacerber le nationalisme de l?auditoire (l?argument étant une réduction de la dépendance à l?égard du pétrole étranger). Cette proposition recèle aussi le sempiternel sous-entendu républicain que les Démocrates, qui s?opposent à cette approche, sont déloyaux à la patrie. À Denver où se tenait la convention démocrate la semaine d?avant, le contenu des discours donnait par contre à penser qu?Obama a bien capté ce qui angoisse aujourd?hui les classes moyennes américaines. La conscience de la crise, de la hausse des prix de l?énergie, de la faillite de l?immobilier, était omniprésente dans les propos. Quoique moins consistant qu?on aurait pu le souhaiter, le discours d?Obama était plus convaincant sur l?existence d?un vrai programme politique que celui de McCain. Il reflétait bien la formule mixte d?encouragement au travail et de société solidaire des plus faibles qui est seule garante de réussite dans une économie de plus en plus globalisée. Plus remarquable encore était le discours de Bill Clinton et son diagnostic à la louable précision du double problème de l?Amérique de Bush : à l?intérieur, le rêve américain assiégé, et dans le monde, le leadership des États-Unis affaibli. Le programme démocrate, complété par l?audacieux plan environnemental défendu par Al Gore et l?engagement d?Obama d?élargir la protection de santé, semble donc bien apporter des réponses pertinentes aux maux de la société américaine pour aujourd?hui et pour demain. Reste à savoir si Obama saura opposer une force suffisante à la machine républicaine, dont les campagnes l?emportent généralement en flattant les bas instincts de l?électorat indécis. Rien n?est moins sûr.
Ceux qui font et ceux qui parlent.
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 31-08-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, Il y est arrivé Martin Hirsch, à force d?abnégation et de vigueur, à créer le Revenu de Solidarité Active et à le financer durablement. On peut penser ce que l?on veut de l?efficacité de ce dispositif et contester son mode de financement, mais je crois que la politique est faite de symboles et celui-là est particulièrement fort : prélever sur les revenus du capital pour financer l?insertion des plus démunis. Le degré de civilisation d?une société se mesure par l?attention qu?elle porte aux plus faibles. Cela d?ailleurs est l?intérêt même des classes moyennes et supérieures : que cela soit par cette taxe ou par l?impôt, ils auraient de toute façon contribué à cette action. Cette réforme n?est ni de droite, ni de gauche comme le dit Martin Hirsch, elle est ! Michel Rocard avec le RMI avait lancé la dynamique de ce dispositif social, mais force est de constater que le « I » comme insertion du RMI est resté lettre morte, il faut espérer que le RSA apportera une solution à cette réinsertion par le travail qui est source de dignité et d?espoir. Cette réforme avait été envisagée par le gouvernement Jospin. On pourrait à ce sujet reprendre la publicité de Sony : Jospin en a rêvé, Sarkozy l?a fait. Pendant ce temps là, à la Rochelle nos ex-camarades parlaient?. en différents conciliabules. Je crois partager avec quelques uns de mes amis des Progressistes qui ont le même itinéraire que moi, cette nostalgie de l?université d?été de La Rochelle, ce moment de retrouvailles où la douceur de la fin de l?été créait une sorte de pause conviviale avant les affrontements de la rentrée. Ce que l?on en voit me fait moins regretter de ne plus y être. Les socialistes auront à choisir entre la synthèse bouillabaisse de Martine Aubry qui regroupe contre nature ceux qui ont voté oui et non à l?Europe et les partisans de Bertrand Delanoë (je passe sous silence Ségolène Royal car le pire n?est jamais sûr et il ne faut pas tirer sur les ambulances?). Martine Aubry à la tête du PS fera exploser celui-ci en moins de 6 mois, car sa méchanceté névrotique tuera son intelligence politique. Quand à Bertrand qui gère honnêtement Paris, comme s?il s?agissait de Clermont-Ferrand, il semble bien placé pour devenir une sorte de Guy Mollet et poursuivre l?immobilité créative de François Hollande. A voir tout cela, je me réjouis d?être du côté de ceux qui avec Nicolas Sarkozy agissent.
Pékin 2008: quatrième âge des Olympiades modernes?
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 02-08-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Jacques Soppelsa, Les Jeux Olympiques sont-ils restés, si tant est qu'ils le furent systématiquement depuis 1896, synonyme de stricts défis sportifs internationaux ? La réponse à cette interrogation, exprimée au lendemain des derniers Jeux d'Athènes, tendait régulièrement vers la négative. Mais les aléas de la saga pékinoise, au-delà de la question historique du Tibet et des corrolaires engendrés depuis quelques semaines, nous incitent désormais à être singulièrement plus réservés. Les Jeux Olympiques sont-ils restés, si tant est qu'ils le furent systématiquement depuis 1896, synonyme de stricts défis sportifs internationaux ? La réponse à cette interrogation, exprimée au lendemain des derniers Jeux d'Athènes, tendait régulièrement vers la négative. Mais les aléas de la saga pékinoise, au-delà de la question historique du Tibet et des corrolaires engendrés depuis quelques semaines, nous incitent désormais à être singulièrement plus réservés. Expliquons nous. Athènes 2004 a illustré, à nos yeux, l'apogée du troisième âge des Olympiades modernes, si l'on veut bien entériner l'idée (au demeurant assez universellement reconnue) que, depuis plus d'un siècle, ces manifestations au sommet ont bien épousé, y compris dans leurs résultats concrets, les aléas et les caractères fondamentaux de la Géopolitique et de la Géoéconomie mondiales. Athènes 2004 a illustré, à nos yeux, l'apogée du troisième âge des Olympiades modernes, si l'on veut bien entériner l'idée (au demeurant assez universellement reconnue) que, depuis plus d'un siècle, ces manifestations au sommet ont bien épousé, y compris dans leurs résultats concrets, les aléas et les caractères fondamentaux de la Géopolitique et de la Géoéconomie mondiales. Le premier âge, avec Coubertin, fut celui des utopies, de la nostalgie de l'antique, des grands principes gravés pour l'éternité dans le marbre de la Charte Olympique, de l'objectif majeur "du rapprochement entre les peuples " et de la promotion de la Paix ("Le mouvement olympique doit éduquer la jeunesse par le sport, dans un esprit de meilleure compréhension mutuelle et d'amitié, contribuant ainsi à construire un monde meilleur et plus pacifique"). D'Athènes (1896) à Paris (1924), ces principes sont d'autant plus (ou d'autant moins!) atteints que ces rendez-vous concernent quasi exclusivement les pays nantis du monde libéral, Etats-Unis et Europe Occidentale. Aux côtés des soeurs latines (France et Italie), ces confrontations de privilégiés s'illustrent surtout par les nombreux succès obtenus par les compétiteurs anglo-saxons et scandinaves. Un premier âge non exempt de "dérives", déjà ! Songeons à l'éventuelle tricherie du marathonien grec Spiridon Louis, aux premiers "scandales" des Jeux de Paris (ceux des "Chariots de feu") à l'escrime ou au rugby par exemple ou, plus significative encore, la nature des compétitions de 1900 et de 1904, où l'association malheureuse des Jeux et des Foires Expositions Internationales va tendre à transformer les premiers, à tous égards, en Jeux du cirque! Le deuxième âge voit s'affirmer de manière de plus en plus criante le rôle géopolitique des Olympiades, fondamentalement perçues comme des instruments privilégiés de propagande. Berlin 1936, en ce domaine, est dans toutes les mémoires: l'Allemagne hitlérienne y rafle 32 médailles d'or, soit quelques 30% des titres mis en jeu, notamment dans les disciplines "nobles" que sont l'équitation, le tir, la gymnastique. Le Japon, en natation, l'Italie, du cyclisme à la gymnastique, de l'escrime à la boxe, confortent cette année là l'omniprésence des puissances de l'Axe. On se souvient moins bien (peut être faute d'une Leni Reifenstahl ) des succès spectaculaires de l'Italie mussolinienne obtenus quatre ans plus tôt à Los Angeles, et poursuivis, dans un autre cadre, par la double victoire de la Squadra Azzura aux tous nouveaux championnats du monde de football, en 1934 et 1938... Du lendemain de la seconde guerre mondiale jusqu?aux seconds Jeux de Los Angeles (1984), les Olympiades confirment de manière criante l'affirmation du système géopolitique bipolaire et de logique des Blocs. Plus des deux tiers des lauréats de cette période (avec un équilibre global singulièrement significatif) concernent les Etats-Unis et l'URSS, en dépit d'une augmentation constante du nombre d'épreuves et de compétiteurs. Un pourcentage plus élevé encore si l'on raisonne, non au niveau des seules Superpuissances, mais à celui de leur sphère d'influence. Le poing ganté de Carlos et Smith sur le podium de Mexico, le drame de Munich (1972), le boycott de l'Afrique à Montréal, celui des Américains et de leurs plus proches alliés à Moscou, celui des membres du Pacte de Varsovie à Los Angeles? illustrent sur bien des plans l'utilisation de ce rendez vous quinquennal à l'échelle du globe, sans omettre les séquelles d'une course de plus en plus frénétique aux pratiques inavouables, tristement illustrées, par exemple, par la République Démocratique Allemande. Tout ceci conforte, pour cette longue période, l'étroite collusion entre préoccupations géopolitiques strictes, guerre froide, course aux armements et quête de médailles olympiques ! Le troisième âge, amorcé en Californie, développé à Séoul (1988) épanoui à Barcelone (1992), quasiment caricaturé à Atlanta (siège historique de Coca Cola? tout un symbole) pérennisé à Sydney (2000) et à Athènes (2004), se caractérise, mondialisation oblige, par l'universalisation des Jeux et l'emprise croissante des grandes firmes internationales. Plus de 170 pays à Sydney par exemple, contre... 13 à Athènes (1896) et 58 à Helsinki en 1952 ! Reflet de la nouvelle donne mondiale, en voie de multipolarisation avec l'effondrement de l'URSS ? Indéniablement. Mais cette universalisation s'est accompagnée au cours des vingt dernières années de l'intrusion tonitruante d'intérêts économiques de plus en plus colossaux. Au delà de l'inévitable penchant, ici ou là, au nationalisme, voire au chauvinisme et même si les hymnes nationaux ont continué à être entonnés en Géorgie, en Australie, en Grèce, personne ne prenait de grands risques en évoquant a priori le nom des grands vainqueurs des Olympiades : Adidas, Reebook, Nike, CNN, McDonald ou Coca Cola ! Coca Cola qui, et c'est plus un symbole qu'une simple coïncidence, était créé précisément à Atlanta par le pharmacien Candler l'année même où naissait un certain... Pierre de Coubertin! Ce troisième âge aurait pu et dû se pérenniser. C'était sans compter sur le CIO et son approbation, en 2001, à la candidature présentée par Pékin ! Pékin : un quatrième âge? Les prochaines Olympiades semblent commencer en effet par une situation quasi inédite: la collusion objective entre les intérêts géoéconomiques de ces grandes firmes transnationales (les Jeux de Pékin ne changeront vraisemblablement pas grand chose à l'omniprésence de ces dernières au plan géoéconomique) avec les intérêts strictement géopolitiques d'un Etat-continent qui rassemble quand même un quart de la population mondiale! Un Etat-continent qui doit affronter un double défi géopolitique : Défi de géopolitique externe : concilier le souci pour les dirigeants communistes de pérenniser un système qui (c'est le moins que l'on puisse écrire), s'estime peu concerné par les critères sociaux en vigueur au sein du monde occidental, notamment les Droits de l'Homme, et une ouverture croissante au plan géoconomique vers, précisément, ce monde occidental ! Défi de géopolitique interne, la fracture de plus en plus nette entre une Chine littorale jouant à fond la carte de ladite ouverture et une Chine intérieure conjuguant avec un rare malheur maints fléaux sociétaux des espaces "sous développés, sans parler des questions du Tibet, voire (et on les oublie trop souvent, du SinKiang ou de la Mongolie). Cette collusion entre le régime communiste de Pékin et les leaders de l'économie mondiale a été largement favorisée (consciemment ou sciemment) par les hiérarques et les bons apôtres du CIO qui, n'en doutons pas, ne pouvaient imaginer que le régime en question évoluerait de manière significative en quelques années. Collusion qui devrait permettre à la puissance organisatrice de glaner de spectaculaire manière moultes médailles dans de nombreux domaines en ne rechignant sans doute guère à utiliser pour cela tout l'arsenal des moyens, y compris illicites, figurant dans l'arsenal classique ou moderne des usines à fabriquer les champions.
Ingrid Betancourt, les FARC, quelles leçons pour les démocraties ?
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 07-07-2008
Mise à jour: 29-08-2009
Par Gilles Norroy, La libération d?Ingrid Betancourt est un succès incontestable pour la Colombie, comme pour la France. En dehors de Ségolène Royal, qui a trouvé une nouvelle occasion de se ridiculiser, tous s?accordent à reconnaître que la mobilisation de l?opinion, l?énergie du Président Sarkozy ont évité le pire et permis cette action spectaculaire. Ingrid Betancourt nous donne aussi une leçon de vie et d?espoir dans la condition humaine par son courage et sa dignité bouleversante. Au-delà de l?émotion de son retour, cela est aussi l?occasion de réfléchir aux formes actuelles de l?action subversive qui est un cauchemar pour de nombreux pays et une menace pour la plupart des autres, y compris le nôtre. Les FARC de Colombie ne sont pas nées au hasard. Une longue tradition de violence avait créé une tradition de guérilla agraire en Colombie comme dans d?autres pays d?Amérique latine. Ce mouvement était en train de s?éteindre au début des années 60 quand l?Union Soviétique décida, après son échec dans l?affaire des fusées cubaines, de se venger des Etats-Unis en réactivant ce mouvement avec l?aide des cubains. Che Guevara théorisa cette démarche en déclarant qu?il fallait créer de nouveaux Vietnam en Amérique du Sud. Ce mouvement aurait pu s?éteindre à nouveau avec la chute du mur de Berlin, mais le narco trafic remplaça à point nommé l?aide des soviétiques, avant que les Pétrodollars de Chavez lui apportent un secours inespéré. Un mouvement terroriste fonctionne en général en s?organisant en trois cercles concentriques. Au centre le noyau dur idéologique et militaire, puis un cercle plus officiel celui de sa vitrine politique (en l?occurrence pour les FARC, pendant longtemps, le Parti Communiste de Bolivie), à l?extérieur enfin une mouvance culturelle et folklorique. L?ETA, avec Batasuna et les mouvements identitaires basques en est un autre exemple. Il faut s?intéresser à ce troisième cercle culturel car il est indispensable à la survie des mouvements subversifs et à mon avis toujours à l??uvre dans le monde. Gramsci a su très bien démontrer l?importance de l?action culturelle dans la prise du pouvoir, et inspirer d?ailleurs l?extrême gauche comme l?extrême droite. La disparition de l?Union Soviétique et du pacte de Varsovie n?a pas anéanti totalement l?espérance communiste. Il existe à l?état latent une sorte de nostalgie révolutionnaire que l?on trouve bien sûr dans le gauchisme ordinaire, type LO et LCR mais aussi dans la gauche du Parti Socialiste. On a vu se recréer ainsi au début des années 90, une sympathie pour un tiers-mondisme naïf. Le forum de Porto Alegre, la création d?Attac, les visites aux indiens du Chiapas et au guérillero d?opérette le sous-commandant Marcos ont constitué les temps forts de cette nostalgie d?une contestation radicale de la société démocratique. Pour la France, Le Monde Diplomatique, toujours silencieux quand il s?agit de Cuba, représente la quintessence de cette mouvance « bobo-guevariste », tout autant que la colonne vertébrale d?un néo-communisme. Sur le plan idéologique d?ailleurs, cette mouvance a marqué des points en faisant du libéralisme un repoussoir quand il devrait être d?abord le meilleur de la démocratie politique. Ce tiers-mondisme apparemment inoffensif est une aide inespérée pour les noyaux durs subversifs. Elle permet de recruter des « imbéciles utiles » pour reprendre la charmante expression de Lénine, de se doter de moyens financiers et de couverture pour des cadres, d?avoir une caisse de résonance dans l?opinion occidentale et de banaliser la violence politique en faisant des héros de brutes sanguinaires à la Che Guevara dont le T-shirt semble toujours populaire dans certains campus, comme chez les combattants des FARC. Sur le plan international, de Cuba à Téhéran il y a une sorte de diagonale de la subversion, marxiste dans un cas, islamiste dans un autre qui donne des moyens d?Etat à ces groupes. Sur le plan français, il ne faut pas négliger le renouveau du Gauchisme traditionnel qui s?est trouvé un leader compétent avec Besancenot et une courroie de transmission syndicale avec Sud. Ce qui est arrivé à Ingrid Betancourt doit servir de leçon à tous et nous amener à être plus que jamais vigilants tout autant que progressistes.
Un espace de gauche hors de la gauche est-il possible ?
Posté par Politique Les Progressistes
Publié le: 20-10-2007
Mise à jour: 29-08-2009
Par Frédéric COSTE, D?aucuns voient le facteur clivant la société à travers la notion d?individualisme engendrant l?égoïsme. A l?opposé serait reconnue une solidarité caractérisée par une vision collective. Confronter ces deux visions -le collectif contre l?individu- laisserait penser que la gauche serait assimilable à la première et la droite à la seconde. Pourtant, le processus d?individualisation a eu ses premiers critiques sur sa droite ?et non sur sa gauche- depuis la Révolution. Hormis ceux favorables à une théocratie, nombre des critiques de l?individualisation, dont certaines de nos plus belles plumes de la littérature française, voyaient dans ce mouvement les prémisses d?un retour à la nature. Or, la nature est vue pour eux comme la force et l?inégalité. Tandis que le rousseauisme s?efforce de montrer un homme bon, ces critiques pensent à l?inverse que l?homme doit être encadré afin qu?il nuise le moins possible. Ils opposent à l?individu la société. De nos jours, associer vision collective et gauche relève de l?anachronisme. Tous les principaux tenants des « droits de l?homme », qui ne sont pas autre chose que la sacralisation de l?individu dans sa forme la plus aboutie, sont à gauche et à l?extrême gauche. D?autres critères structurants sont donc à trouver. Critères qui ne distinguent d?ailleurs pas la droite de la gauche, d?où la difficulté de créer un nouveau cadastre rassurant. Ils ne sont pas discriminants dans le sens où, s?ils ont pour but d?établir ce qu?est la gauche aujourd?hui en France, ils ne prétendent pas que la droite est son miroir inversé. Ils montrent donc l?existence d?un espace politique des possibles de gauche hors de la gauche. Le critère principal que nous proposons est d?appréhender la politique à travers la notion de « la morale ». Comment caractériser la gauche en France de nos jours ? Par ses combats en terme de « morale ». La vision de la gauche est la suivante : par la sensibilisation de l?Homme à faire le Bien grâce à la « morale », aboutissant à être aux côtés du Bien ?c?est-à-dire le plus à gauche possible-, la société sera vertueuse. En devenant « vertueuse », cette société règlera les problèmes sociaux. La moralisation est un préalable à la résolution de toute question sociale. En fait, c?est sa condition même. Cette vision en termes de « morale » est bien caractérisée par le fait que tous les mouvements sociaux de nos jours ont comme base de revendication « les droits de l?homme ». C?est le paradoxe apparent que l?on soulignait précédemment : l?extrême gauche, première à défendre l?individualisme occidental! Cette morale, nous faisant découvrir notre propre humanité, constitue selon la gauche notre salut collectif. L?élément le plus révélateur de la confusion entre morale et politique est son « antifascisme », qui sert à la gauche de substitut à tout programme et entretient une ferveur militante qui se suffit à elle-même. L?« antifascisme », terme qui semble suranné dans son emploi, est déterminant dans le monde des idées de gauche depuis le début du XXème siècle. Il regroupe deux aspects : un antiracisme exacerbé et un combat contre tout ce qui est sécuritaire. L?hystérie ambiante au débat collectif est due à la « morale » via sa lutte contre les fachos ou autres réacs censés réunir ces deux maux. Si on « lutte contre le fascisme », c?est qu?on attribue à son combat une dimension de lutte du Bien contre le Mal. Il ne peut donc être autrement que toute personne contrariant notre « opposition au fascisme » sera soupçonnée d?être dans le camp du Mal lui-même dans le meilleur des cas. Dans le pire, on lui accolera l?étiquette infâmante de facho. Tout débat est inconcevable face au dogme que constitue « la morale ». Tous les agnostiques des « droits de l?homme » sont sommés d?abjurer leur laïcité morale. C?est ainsi que la gauche en France pratique l?épuration intellectuelle : tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous, et sont donc des crypto-fascistes. On perçoit bien là comment un combat politique en termes de « morale » engendre la pensée totalitaire que l?on connaît de nos jours à gauche. Si nombre d?ouvriers ont quitté la gauche, c?est pour une raison : la gauche pense répondre à des questions sociales par la morale. C?est-à-dire qu?un champ considérable à gauche est laissé en friche : répondre à des questions sociales par le social. Pour toucher le social, la gauche passe par la morale. On comprendra donc comment la gauche a tant de mal à atteindre le social aujourd?hui. Il existe donc un espace de gauche que l?on qualifiera de « social-réalisme ». Il convient d?éviter de vouloir apporter des réponses sociales par quelque dogme que ce soit et au premier chef par celui de la « morale ».Notre réalisme sur le social est la vision la plus à même de contribuer à résorber les problèmes sociaux.
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